domingo, 10 de febrero de 2013

Prix de Lausanne 2013: les résultats

La 41eme édition du Prix de Lausanne s'est achevée le week-end dernier et c'est avec le même plaisir que j'ai suivi cette semaine on ne peut plus intense.
Les vidéos blogs qui suivaient cette année 4 candidat-e-s quotidiennement ainsi que l'entrainement quotidien nous permettent de nous plonger un peu dans l'ambiance. A noter aussi cette année les superbes photos Instangram.
Quoi qu'il en soit, il est très difficile de se faire une idée précise des candidats avant de les voir évoler sur scène lors de la finale. Tout ce que je pouvais prédire au vu des différentes vidéos et mini reportages c'est que cette finale promettait de fixer la barre à un très haut niveau. Ce fût, de toute évidence, le cas.
Sur 254 candiadts, 75 sont allés à Lausanne et seulement 20 ont accédé à la finale.

A 15 heures précises, ce samedi 2 février, le rideau du Théâtre de Beaulieu de Lausanne s'ouvre sur les variations classiques des candidats.
Dès le début, la vision est gênée par des soucis de téléchargements du streaming. Heureusement, tout rentrera dans l'ordre un peu plus tard et de toute façon, la télé suisse retransmet elle aussi la finale.

Que dire pour qualifier cette finale? Je crois que c'est un peu devenu un leitmotiv de dire que le niveau est élevé mais pourtant comment pourrait-on dire le contraire?
Certain-e-s se démarquent un peu plus que d'autres mais dans l'ensemble c'est du haut de gamme qui nous est présenté.
20 finalistes. 14 garçons pour seulement 6 filles. Chaque année on constate que les garçons arrivent en nombre et arrivent avec un excellent niveau. Pour autant, il ne faudrait pas en conclure que le niveau des filles baisse. Il me semble que les garçons sont de plus en plus encouragés à danser. la danse, ça n'est médiatiquement plus un "truc" de fille et c'est bien mais ne faudrait-il pas aussi y voir une volonté accrue des écoles et compagnies à recruter des garçons? M'est avis que si elles ont l'embarras du choix pour recruter des filles, ce n'est peut-être pas toujours le cas pour les garçons.

6 filles seulement donc. 4 filles chez les plus jeunes 15-16 et 2 parmis la catégorie des 17-18 ans.
Le choix des variations est plutôt large et ce pour les 2 catégories d'âge. Si l'année dernière fût une année Fée Lilas, cette année la variation de Swanilda de Coppélia revient en force puisque sur les 4 candidates les plus jeunes nous avons eu droit à 4 Swanilda.
Je comprends assez bien leur choix. Swanilda a plus ou moins leur âge, la variation permet d'étaler toute sa technique avec moults grands jetés et pirouettes, il faut jouer avec Coppélia la poupée qui est bien présente à sa fenêtre. En plus, c'est un choix qui a l'air de s'avérer payant.
Coté garçons, les choix étaient un peu plus variés.

Commençons par les lauréat-e-s.
Le Prix du public ainsi que la 1ere bourse vont à Adhonay Silva du Balé Jovem do Centro Cultural Gustav Ritter, Goiania au Brésil.

Photo Gregory batardon
Photo: Gregory Batardon

Du haut de ses 15 ans, ce jeune virtuose fait montre de beaucoup de qualités techniques dans sa variation classique Harlequinade même si sa prestation m'a semblée un peu trop "scolaire". Il a pourtant de très bonnes qualités d'interprètes également. Sa variation contemporaine Desde Otello le prouve. Quoi qu'il en soit, à 15 ans, il a encore le temps de peaufiner son style et il reste l'un des candidats les plus prometteurs de cette édition et probablement même des autres éditions. Tout est bien placé, propre, soigné et virtuose voire spectaculaire. Bravo!

La 2eme bourse est attribué à Wentao Li de The Secondary Dance School Attached to Beijing Dance Academy en Chine. Sa variation du Prince Désiré était parfaite en tous points: belle aisance dans les sauts, des tours en l'air impeccables, un manège ultra maitrisé, de la présence et de la prestance.
Aussi à la'ise en contemporain, il nous a offert une belle interprétation de Desde Otello.

La 3eme bourse est revenue à Masaya Yamamoto représentant le Japon est venant de Yokokura Akiko Ballet School, Nomi;Australian Ballet School.
Là encore, la bourse est largement méritée. Son Solor était impressionant. On a envie de le voir continuer et nous danser toute la Bayadère!
En contemporain, il a choisi Tender Hook, variation difficile dont il s'est admirablement sorti en faisant passer une émotion palpable.

Enfin une fille pour la 4eme bourse, celle offerte par Julius Bär! Leticia Domingues élève de la Petite Danse School of Dance à Rio au Brésil, magnifique en classique et en contemporain et que l'on a pu suivre grâce aux videos blog mérite très largement cette récompense. Elle a été selon moi la meilleure Swanilda de la finale. Tout semble facile, naturel, elle donne l'impression de danser comme elle respire et sa joie d'être là est communicative.


Photo Gregory Batardon
Photo: Gregory Batardon
















Cesar Corrales, du Canada, élèves de la Canada's National Ballet School et de cours privés remporte la 5eme bourse offerte par la Oak Fundation. J'ai beaucoup aimé sa variation de la Fille mal Gardée. Lui aussi danse avec beaucoup de naturel et d'aisance. Un jeune danseur qui promet pour l'avenir!

Photo Gregory Batardon
Photo Gregory Batardon


La 6eme bourse offerte par la Fondation Coromandel ainsi que le Prix d'interprétation contemporaine vont au candidat australien de la Houston Ballet Ben Stevenson Academy Ettingshausens Dyn. Arts;Ac.Ballet/V. Attard, Joel Woellner. Très beau Prince Siegfried, il m'a en effet paru encore plus à l'aise en contemporain. Son Desde Otello était captivant.

Francisco Sebastião remporte la 7eme bourse offerte par la Rudolf Nureyev Fundation. J'ai beaucoup aimé son Basile, plein de fougue et de caractère mais c'est surtout sa variation contemporaine qui m'a scotchée. Il a réussi a dégager une atmosphère particulière de son Desde Otello difficile à décrire car en comtemporain tout est dans le ressenti et l'émotion. Il aurait pu recevoir le Prix d'interprétation contemporaine lui ausi.

La 8eme bourse offerte par Harlequin Floor va à Jinhao Zhang du College of Design and Art Tong Ji
University, Shanghai; Liaoning ballet School.
Son Basile était très très très bien techniquement mais je l'ai trouvé un peu trop princier et pas assez barbier de rue de Barcelone. Quoi qu'il en soit il a toutes les qualités requises pour mener une belle carrière et son Desde Otello (solo en passe de devenir l'équivalent de Swanilda chez les garçons en contemporain) prouve qu'il a aussi un sacré potentiel en contemporain.

Et voilà, c'en est fini pour les bourses. Avec regret car de nombreux autres finalistes auraient mérté une bourse. Mais c'est le jeu de tout concours.
Je citerai quand même Simon Acri, absolument superbe autant en classique qu'en contemporain, Miko Fogarty dont je vais reparler un peu plus loin, Neneka Yoshida, jeune danseuse japonaise étudiant au CNSMD de Paris et magnifique dans Raymonda mais aussi Ida Anneli Kallanvaara qui aurait mérité elle aussi le Prix d'interprétation contemporaine et Zunyuan Gong qui, malgré sa chute sur Don Quichotte a été l'un des meilleurs si ce n'est le meilleurs Basile.

Parmis les non boursier-e-s, il y a aussi 3 Prix decernés chaque année: le Prix du public, le Prix d'interprétation et le Prix du meilleur candidat Suisse.
Les 2 premiers ont été décernés respectivement à Adhonay Silva et Joel Woellner. Reste donc le 3eme.
Le Prix du meilleur Suisse était cette année le Prix de la meilleure Suissesse puisque c'est la superbe Miko Fogarty qui l'a reçu. Cette excellente danseuse, bien que suissesse, vit et étudie aux Etats-Unis et est déjà bien connue du circuit des concours internationaux. Fort heureusement pour elle, sa danse et sa gestuelle n'ont rien à voir avec certaines de ces "bêtes à concours" qui s'apparentent plus à la gymnastique voire l'acrobatie qu'à la danse même si j'ai trouvé que sa Swanilda tournicotait un peu trop. Elle n'a pas besoin de tout ça pour briller, elle a suffisament de talent et de personnalité sans avoir à en rajouter.

Photo Gregory Batardon
Photo Gregory Batardon

Etant la seule suisse en lice, il était évident qu'elle recevrait ce Prix. J'ai pensé qu'elle recevrait aussi une bourse, elle l'aurait méritée.
D'autant plus que je comprends de moins en moins l'existence de ce prix du Meilleur Suisse. Pourquoi vouloir décerner un prix Suisse dans une compétition internationale de cette envergure? Parce qu'il se déroule en Suisse? Soit. Mais après? Et concrètement qui le reçois? Selon les années c'est un-e suisse-sse qui ne vit pas en Suisse et qui n'y a peut-être même jamais mis les pieds, des étrangers qui étudient en Suisse. A quand l'attribution de ce prix au candidat-e qui aura mangé du chocolat suisse dans le mois précédant la compétition?
J'ironise mais malgré tout, le Prix de Lausanne me semble être un des concours si ce n'est le concours le plus intéressant existant actuellement.  Les candidat-e-s ne sont pas simplement jugé-e-s sur une variation de quelques secondes sur scène mais sur leur évolution et leur comportement durant une semaine. Les non finalistes ont une chance réelle d'obtenir une bourse lors du Networking Forum. Bien sûr, de nombreux candidat-e-s n'auront rien mais c'est aussi le jeu d'un concours et c'est surtout la réalité du monde de la Danse: beaucoup d'appelé-e-s, très peu d'élu-e-s.
Mais pour finir sur une note positive voici une vidéo d'Elisa Lons, la seule candidate française retenue cette année et qui n'a pas atteint la finale: elle a reçu une offre de bourse de la Royal Ballet School de Londres à l'issue du Networking Forum. Preuve qu'à Lausanne, tout le monde a une chance de sortir gagnant, même sans être finaliste.


La finale est maintenant disponible sur Youtube:

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