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lunes, 13 de julio de 2015

Béjart et le BBL : une soirée d'exception au festival de Peralada

Grande soirée que celle d'hier au festival de Peralada avec à l'affiche le Béjart Ballet Lausanne. Il y a en effet quelque chose d'inimitable et d'unique qui se dégage de cette compagnie. Béjart nous a quitté il y a 8 ans déjà et pourtant il était là hier soir. Sa présence était palpable. Le caractère intemporel de sa danse et de ses chorégraphies ainsi que le travail formidable de Gil Roman et des danseurs et danseuses pour faire perdurer son oeuvre n'y sont sans doute pas étrangers.
Le programme, particulièrement bien choisi et articulé, proposait un bel équilibre entre l'héritage de Maurice Béjart et la nécessité pour la compagnie de continuer son travail de création.

Le rideau et la soirée s'ouvre sur 7 danses grecques. Crée en 1983, cette pièce n'a pas pris une ride et étonne même pas sa modernité. La plus pure technique classique est ici sublimée pour devenir un petit chef d'oeuvre chorégraphique d'une belle originalité. Sur des musiques de Mikis Theodorakis, Béjart a imaginé une danse épurée et virtuose mettant tout particulièrement en valeur les danseurs de la compagnie. Tout passe par la danse et les émotions qu'elle transmet. Pas de costumes tape-à-l'oeil mais des justaucorps noirs ou blancs pour les filles et pantalons noirs ou blanc pour les garçons.

"Pour ces «danses grecques», j’ai cherché à limiter au maximum les emprunts à des «pas» authentiquement grecs. Certaines danses en contiennent deux ou trois; d’autres pas du tout et ce sont certainement les plus réussies, les plus grecques!" Maurice Béjart

On retrouve la Grèce, une Grèce intemporelle où les danseurs ne sont pas sans rappeler les dieux grecs de l'Antiquité et où le soleil et la mer sont omniprésents. Le début de l'oeuvre nous met de suite en condition avec des mouvements imitant les vagues. On se croit vite en bord de mer, presque en vacances.
Les danses masculines sont spectaculaires et regorgent de mille et une trouvailles chorégraphiques qui transforment des pas d'école classique en un chef d'oeuvre original et moderne. On ne s'ennuie pas une seule seconde et on a le sourire aux lèvres tout le temps. Ca sent le soleil, la mer et la joie de vivre et de danser.
Le public a été littéralement envoûté par la présence d'Oscar Chacón et la virtuosité des ses sauts.
Mari Ohashi, que je voyais danser pour la 1ere fois, était sublime dans le 1er pas de deux avec Kwinten Guilliams.
Le pas de trois avec Kateryna Shalkina, Mari Ohashi et Aldriana Vargas López aux pointes vives et acérées était à couper le souffle.


Crédit photo Toti Ferrer


On reste chez les Dieux et Déesses avec Bahkti III, pas de deux sans doute le plus connu (et régulièrement donné en gala) du ballet crée en 1968 sur des musiques traditionnelles indiennes.
Bahkti III évoque Shakti et Shiva. Si Shiva est le Dieu de la destruction (mais ce qui est détruit sera reconstruit), il est aussi et peut-être surtout le Dieu de la Danse.
Pas de danse traditionnelle ici non plus mais du classique et des pointes sur de la musique carnatique hindoue. Le résultat est détonnant et abouti à un mélange de virtuosité et de sensualité absolument envoûtant.
Marsha Rodríguez hypnotise son public grâce à une technique sans faille, un aplomb et une autorité de déesse et des jambes interminables qui siéent à ce type de chorégraphie et de costume (pas facile de porter un académique rouge). Elle crève la scène.
Fabrice Gallarrague n'est pas en reste non plus et lui offre une bonne réplique.

Crédit photo Toti Ferrer
Pour clôturer la 1ere partie, Gil Roman nous a offert une chorégraphie spécialement dédiée pour ce Festival. Cet Impromptu pour Peralada est une création intéressante et riche pour un danseur et un groupe de danseuses.
Les danseuses sont en scène quand le rideau se lève sur une scène au décor simple mais onirique. Des fumigènes ennuagent le plateau tandis que les lumières crues donnent une ambiance crépusculaire à l'envirronnement. Les danseuses sont habillées de robes beiges et marron. Le tout donne un style tribal-urbain. Les danseuses quittent la scène et le danseur apparaît seul en scène en pantalon blanc au début de la pièce sur une musique de Satie. Sa gestuelle rappelle celle de Béjart et de 7 Danses grecques. Tout est épuré et doux. A l'inverse, le choix musical et la chorégraphie des danseuses sont plus "sauvage". Deux mondes différents.
J'ai bien aimé voir des danses féminines "à la façon" des danses masculines. Les danseuses se rapprochent, s'éloignent, se font face, se combattent, se rejoignent, se rassemblent, entrent en contact sur une chorégraphie assez physique.
Elisabet Ros est magistrale dans son solo. Jasmine Cammarota, Alanna Archibald, Kathleen Thielhelm et Lisa Cano, à la fois raffinées et instinctives dans leur danse, captivent l'audience.
Gabriel Arenas Ruiz, le seul homme du ballet, tempère l'énergie du groupe par sa danse fluide et calme. Le contraste est artistiquement intéressant mais je n'en ai pas vraiment saisi le sens. Qu'importe. J'ai aimé voir cette belle énergie portée par ces 5 superbes danseuses. Ce n'est pas si fréquent devoir des groupes de femmes danser de cette façon.

Crédit photo: Toti Ferrer

Après l'entr'acte, le spectacle continue avec une pièce de Tony Fabre inspirée de Didon et Enée de Purcell: Histoire d'Eux.
Tony Fabre, qui nous a quitté en 2013, signait là une pièce forte et belle. Les bruits de l'orage et de la pluie qui accompagnent les messagers venus chercher Enée présagent de la fin tragique qui attend les amants. Julien Favreau et Elisabet Ros portent l'oeuvre avec beaucoup de sensibilité.

Pour terminer la soirée, que pouvait-on rever de mieux que le célèbre Boléro? Ballet mythique de Béjart et sujet de toutes les polémiques (chef d'oeuvre pour certain-e-s, vulgaire pour d'autres), Boléro ne laisse jamais indifférent. Si la pièce a pu défrayer la chronique pour son aspect sensuel, voire sexuel, elle n'en est pas moins un défi d'endurance d'une beauté artistique indéniable.
Elisabet Ros était la soliste ce soir. On voit tout de suite que ce n'est pas la 1ere fois qu'elle l'interprète et qu'elle est rôdée. Elle est sublime sur tous les plans. Tout est maîtrisé, travaillé, ciselé jusqu'au moindre détail. Elisabet Ros domine la scène et envoûte littéralement le public ainsi que les 38 danseurs autour d'elle par sa danse sûre, maîtrisée et sensuelle.




Une compagnie de danse exceptionnelle pour une soirée d'exception dans un cadre exceptionnel. Que demander de plus?

miércoles, 9 de octubre de 2013

ROB: Don Quixote de Carlos Acosta

Depuis sa création en 1869 au Théâtre du Bolshoï par Marius Petipa, le ballet Don Quichotte a inspiré de nombreux chorégraphes, comme tous les grands classiques. De Rudolf Nureyev à Alicia Alonso en passant par Mikhail Baryshnikov, ce ne sont pas les versions qui manquent. Alors pourquoi en créer encore une? Et surtout pourquoi au Royal Opera House alors que Dowell avait déjà monté sa production ?
Et bien pourquoi pas? Ai-je envie de répondre aux sceptiques. Surtout lorsque c'est Carlos Acosta qui s'y colle. Le rôle de Basile lui va comme un gant et si cela n'est bien sûr pas un gage de réussite ça laisse entrevoir quelque chose d'intéressant. En tout cas en ce qui me concerne j'étais curieuse de découvrir sa version. J'étais présente lors des représentations du 5 octobre au soir et du 6. Et je suis convaincue par cette nouvelle mouture.

Pour commencer et afin que tout le monde s'y retrouve voici un petit résumé de l'histoire qui n'a pas grand chose à voir avec celle de Cervantes:
Don Quichotte, qui lit un livre contant l'histoire d'un chevalier fini par se croire lui-même un chevalier à la recherche de sa Dulcinée. Ses aventures le mènent à Barcelone, sur une place où Kitri, la fille de l'aubergiste Lorenzo est amoureuse de Basile. Le père de Kitri s'oppose à leur union car Basile n'a pas d'argent et souhaite voir sa fille épouser Gamache, riche mais stupide et ridicule. Kitri et Basile s'enfuient et se retrouvent dans un camp de gitans. Grâce à une supercherie de Basile et l'aide de Don Quichotte qui croit reconnaître en Kitri sa Dulcinée, les 2 amoureux pourront se marier et même recevoir la bénédiction de Lorenzo.
Avant de parler des distributions et des danseurs et danseuses sur scène il faudrait d'abord voir ce que nous réserve ce Don Quichotte.

Déjà, il y a 2 heures de danse complètes. Ca fait du bien comparé à certaines versions quelque peu tronquées.
Dès le prologue, Dulcinée apparaît pour guider Don Quichotte dans sa quête chimérique allant même jusqu'à l'adouber avant que n'entre Sancho Panza. Celui-ci est poursuivi par des paysannes auxquelles il a volé une poule. Le monde de Don Quichotte et celui de Panza, bien terre à terre, s'opposent déjà mais se complètent aussi. C'est Panza qui, arrachant un pied du lit à Baldaquin de Quichotte, fabrique la lance de ce dernier et la lui offre.
Aucun temps mort n'est à déploré et c'est bien la première fois que je ne m"ennuie" pas pendant le prologue.

Le 1er acte s'ouvre sur une rue suposée être de Barcelone. Un ingénieux décor mouvant en fera tour à tour une place, l'entrée de la maison de Gamache ou une rue. L'ensemble reste très conventionnel dans la chorégraphie et avec la pantomime et les mimiques vues et revues des pseudo disputes entre Kitri et Basile. Malgré tout, c'est un véritable plaisir de suivre les aventures des tourtereaux et, après tout, c'est bien ça Don Quichotte. Je suis d'ailleurs la première à râler quand les classiques sont revisités à l'extrême. L'acte qui dure plus de 50 minutes passe à toute vitesse. La chorégraphie reste fidèle à l'esprit Petipa mais s'enrichie de quelques détails et les danseurs et danseuses parlent sur scène!
Le 2eme acte me semble être le plus intéressant dans sa forme. La scène des gitans a été bien étoffée notamment avec la présence sur scène de musiciens guitaristes flamenco (sur des thèmes de Minkus quand même!). Les "¡guapo!", "¡guapa!", "vaya otra vez!" fusent avec un petit accent british excellent. C'est une bonne idée que d'avoir introduit une scène de flamenco, d'avoir fait parler les danseurs mais pourquoi ne pas être allé jusqu'au bout? On a droit a un semblant de début de sevillana et c'est tout. C'est du classique un peu "flamencorisé" si je puis dire et c'est dommage. Les compas marqués par les mains sont approximatifs. Cela pourrait être grandement amélioré. Ceci dit, les danses gitanes traditionnelles du ballet ont été remarquablement réglées et chorégraphiées, l'orchestration est aussi réussie.
Mais avant l'arrivée des gitans, il y a le pas de deux de Kitri et Basile sur la musique que l'on retrouve dans la Bayadère. Carlos Acosta a monté une belle chorégraphie musicale et fluide. Les costumes sont bien pensés et les décors mettent en avant la dualité monde réel/monde onirique . Don Quichotte est le seul à voir le gigantesque moulin qui l'entraîne dans la tempête.

La scène du rêve a été transposée dans un jardin aux fleurs mauves immenses. Les tutus des dryades sont kitschissimes mais, curieusement, ça passe. Il faut dire que la scène est complètement surréaliste et onirique. Don Quichotte, grand rêveur même éveillé, est en train de rêver pour de vrai! Bonne idée que d'utiliser un double de Don Quichotte qui sort du corps du chevalier endormi pour rejoindre le jardin magique et sa Dulcinée.
Mais au réveil, c'est dans une taverne que Don Quichotte doit se rendre pour retrouver le couple fugitif. Là aussi le thème flamenco est repris et, à mon sens, pas assez exploité.
Quant au mariage de Basile et Kitri, c'est tout simplement un feu d'artifice dansé. Je regrette juste l'absence des dames d'honneur. Ce sont les deux amies de Kitri qui assurent mais en duo et les variations me manquent.
Le tutu de Kitri fait plus princesse que fille d'aubergiste même si on se doute qu'elle a mis sa plus belle robe pour se marier, surtout avec le diadème. C'est visuellement très joli mais inhabituel pour Don Quichotte. Elle ressemble plus à Dulcinée qu'à Kitri. Basile aussi fait très prince de conte de fées.  Faut-il y voir le message comme quoi rêve et réalité peuvent se confondre? Ou peut-être que je me pose trop de questions.

Le 5 septembre Iana Salenko était Kitri et Steven McRae Basile. Leur partenariat fonctionne à merveille. La pantomime est excellente, drôle, bien jouée. Steven McRae ne correspond physiquement pas vraiment a l'idée (souvent fausse) que l'on se fait des espagnols et pourtant il colle bien avec la personalité de Basile, charmeur et séducteur à souhait et très amoureux de sa Kitri. Iana Salenko est une Kitri au caractère bien trempé qui n'a pas peur de tenir tête à son père (Christopher Saunders, très à l'aise dans son rôle) ni de ridiculiser Gamache (Thomas Whitehead qui se donne à fond). Les portés à la seconde du 1er acte sont époustouflants: s'il n'y avait aucune contrainte de temps je suis sûre qu'ils seraient encore tous les 2 sur scène à tenir le porté. Sérieusement.
L'un comme l'autre ont une technique incroyable qu'il et elle mettent au service de la Danse. Iana Salenko a tenu des équilibres interminables et ultra stables lors du pas de deux. Voilâ 2 vraies Etoiles qui savent briller sur scène et faire vivre une histoire.

Le rôle de Cupidon ou Amour était interprété le 5 au soir aussi  par la toute jeune mais excellente Anna Rose O'Sullivan. Elle est vraiment parfaite dans ce rôle qui semble fait pour elle.
J'ai été en revanche moins convaincue par la reine des Dryades de Yuhui Choe sur les 2 représentations. Si elle a de très beaux bras et un haut de corps lyrique, je l'ai trouvé un peu éteinte dans sa variation.

Akane Takada est superbe en amie de Kitri.  Elizabeth Harrod qui l'accompagne n'est pas en reste.

Le couple Mercedes (Itziar Mendizabal)/Espada (Valeri Hristov) fonctionne bien. Valeri Hristov donne une vision très cliché des toreador à l'heure où, à Barcelone, les corridas n'ont plus lieu d'être.

Kristen McNally et Bennet Gartside sont tout aussi excellents en couple gitan que dans le fandango final.

Beau travail d'interprétation our le Sancho Panza de Jonhattan Howells. Quant à Don Quichotte, c'est Gary Avis qui lui donne vie magistralement. 

Le 6, les rôles de Kitri et Basile étaient tenus par Sarah Lamb et Frederico Bonelli. Tous deux nous ont offerts de superbes moments mais cela manquait peut-être d'un peu de vie, d'un peu de peps. J'ai trouvé Sarah Lamb bien meilleure dans la scène du rêve en Dulcinée.

Meaghan Grace Hinkis est très gracieuse en Amour mais il lui manque un peu de fantaisie.

Le corps de ballet est peut-être un peu "froid" pour Don Quichotte mais il a le potentiel pour nous donner un peu plus de cette chaleur espagnole. Il était déjà plus à l'aise le dimanche que le samedi soir. Dans l'ensemble, les alignements sont bons, les groupes synchronisés.
Il m'a semblé reconnaître Mayara Magri. En tout cas une jeune danseuse qui lui ressemble a de suite attiré mon attention.

Le ballet sera diffusé en direct dans de nombreuses salles de cinéma et aussi à Barcelone le 16 octobre.
Je ne suis pas convaincue par ces diffusions et j'en parlerai sûrement dans un autre billet mais cela peut quand même valoir le coup pour découvrir cette version et admirer Acosta et la divine Nuñez programmé-e-s ce soir-là.








miércoles, 11 de septiembre de 2013

Le Lac des Cygnes- Ballet de Cuba

Le Ballet National de Cuba est de retour en Catalogne en ce début de saison. La tournée commence par Le Lac des Cygnes au Teatre Tivoli de Barcelone. Il s'agit de la version d'Alicia Alonso, la même que j'avais découverte il y a 2 ans lors d'une précédente tournée.

Le rideau s'ouvre sur un décor champêtre. La Cour et les paysans, en liesse, célébrent l'anniversaire du Prince Siegfried (Árian Molina).
Un très beau pas de six inaugure les festivités suivi du pas du trois superbement dansé par Grettel Morejón, Jessie Dominguez et Ernesto Álvarez. Le bouffon (Alejandro Silva) n'est pas en reste.
Mais malgré l'apparente allégresse, Siegfried est préocuppé. Sa mère (l'excellente Carolina Garcia) ne cesse en effet de lui rappeler qu'il est temps pour lui de se marier et, devant son refus, celle-ci lui tourne le dos et quitte la fête. Le Prince part alors avec ses amis pour chasser, une arbalette à la main. C'est ainsi qu'ils arrivent dans la forêt, près d'un lac et qu'apparaît Odette, la princesse métamorphosée en cygne par le sorcier Rothbart. Sa seule chance de rompre ce terrible sortilège est qu'un homme lui jure un amour fidèle.
Sadaise Arenciaba est une Odette-oiseau sauvage. C'est une façon intéressante d'aborder le rôle mais je l'ai trouvé peut-être un peu trop froide.
Árian Molina quant à lui, assure parfaitement le rôle du jeune Prince fougueux qui jure un peu tôt et à ses risques et périls son amour éternel à Odette. Il est d'ailleurs terriblement distrait lors du bal donné en son honneur et où toutes les princesses alentours sont venues, espérant se "caser" avec lui. Peine perdue. Ni la tarentelle endiablée, ni la danse espagnole (mention spéciale à Viengsay Valdés et José Losada ), ni le caractère des danses slaves n'arrivent à le sortir de sa torpeur. Quand tout à coup tout disparaît et entrent Robarth et Odile, sa fille venue usurper l'identité d'Odette auprès du Prince.
Sadaise Arenciaba a campé une Odile perfide, sûre d'elle, machiavélique. Elle a un sourire doux pour Siegfried mais d'une perfidie terrible dès qu'elle croise le regard de Robarth et du public. Bien sûr, Siegfried tombe dans le piège et réitére ses voeux d'amour éternel à la fausse Odette malgré les mises en garde de sa mère. Odile et Robarth triomphent et dévoilent la supercherie laissant le Prince anéanti mais pas vaincu. Retrouvant sa chère Odette au bord du lac, il se bat contre Robarth et le tue, libérant Odette du sortilège ainsi que toutes les autres jeunes filles-cygnes.

C'est donc une fin heureuse qu'a choisi Alicia Alonso. L'Amour qui l'emportera toujours même face aux pires épreuves.

La compagnie est toujours aussi agréable à voir, pleine d'énergie. Un bon spectacle pour se remettre dans le bain et bien commencer la rentrée.
Vous pouvez le voir jusqu'au 15 septembre. Dépêchez-vous!

miércoles, 19 de junio de 2013

Aeternum- Los Vivancos

Les Vivancos, vous connaissez? Si oui, vous êtes sans doute déjà séduit-e-s. Si non, vous n'allez pas tarder à succomber à leur charme.

Ces 7 frères danseurs-musiciens flamencos, classiques, rock savent mélanger les styles et s'allier le public. Il faut dire que tout est brillamment maîtrisé et, si ces 7 virtuoses n'hésitent pas à jouer sur le coté "sexy boys" ce n'est pas pour occulter une quelconque faille technique ou artistique. Au contraire, c'est la cerise sur le gâteau, le petit plus à une prestation d'un niveau époustouflant. Le CV des protagonistes a en effet de quoi faire pâlir d'envie pas mal de monde: Institut du Teatre de Barcelone, Conservatoire Royal de Madrid, ballet des jeunes d'Europe de Jean-Charle Gil, Scottish Ballet, compagnie de Joaquin Cortès, Ballet Espagnol Rafael Aguilar, entre autres. En 2007, ils décident de se réunir pour créer leur propre compagnie et depuis lors n'arrêtent pas d'enchaîner les succès auprès du public.



Leur nouveau spectacle, Aeternum, est donné en ce moment au Teatre Tivoli de Barcelone. En collaboration avec l'Orchestre de Budapest, le "show" présente un mélange de danse et musique enregistrée et live avec la présence sur scène de 7 musiciennes hongroises sans oublier les performances musicales des Vivancos en personne. Si le décor est assez sobre (une structure métallique mobile), les effets de lumière transforment la scène en moins d'une seconde selon les besoins et l'effet est particulièrement saisissant.


Le tout début du spectacle m'a un peu surprise avec ces 7 silhouettes perchées sur une structure métallique rendue invisible par les éclairages. J'ai redouté un spectacle mystico-philo-religieux à la sauce rock durant quelques secondes et puis les 7 silhouettes sont sorties de l'ombre laissant apparaître les interprètes. Si je n'ai pas vraiment goûté à l'histoire un peu trop manichéenne du combat entre le Bien et le Mal des premiers instants j'ai en revanche de suite accroché à la richesse de la chorégraphie et à la pureté de l'exécution. 

La fusion des styles est particulièrement impressionnante même si le flamenco est largement dominant. Tout se fait naturellement, preuve, une fois de plus, que la danse n'est pas cloisonnée entre ses différents styles ni avec les autres arts. C'était la première fois que je voyais sur scène un violoniste et un flûtiste jouer leur partition à la perfection tout en réalisant des zapateos flamencos d'une rare virtuosité. 



Je n'aurai jamais pensé non plus à travailler mon écart facial en jouant du violoncelle.
Les passages en groupe, soli, duos s'enchaînent avec une énergie vertigineuse présentant à chaque fois une dynamique et un style différents. Chaque danseur est à l'écoute de l'autre. On sent qu'une complicité les unie. Du rock au flamenco traditionnel en passant par Albeníz et autres classiques, les Vivancos marient tous les styles pour offrir une nouvelle vision du flamenco et de la danse et nous entraîner dans un univers fait de virtuosité, de diversité, de sensualité et de rêve.

Quand le rideau tombe près d'1h 3/4 plus tard, on a l'impression que seules 10 minutes se sont écoulées. Les nombreux et nombreuses fans n'ont pas hésité à attendre leurs idoles après le spectacle dans l'entrée du théâtre. Les Vivancos se veulent proches et à l'écoute de leur public qui le leur rend bien.

A noter également l'investissement des Vivancos pour PROTECT,  une ONG qui lutte contre la pédophilie au Cambodge et en Colombie. Une partie du prix des entrée de la Première sera reversée à l'organisation. Ce n'est pas si courant et c'est d'autant plus remarquable.

viernes, 25 de enero de 2013

Casse-Noisette par le CDC: un conte merveilleux à guichets fermés

Pas de Noël sans Casse-Noisette! En tous cas pas à Barcelone et cette année encore nous avons eu le choix entre plusieurs productions. Je n'ai pas pu toutes les voir mais il y en a une que je ne voulais surtout pas rater: celle des élèves en formation du CDC au Teatre Joventut de l'Hospitalet dans une adaptation de Roser Muñoz et Joan Boix.
Je pense qu'il est important de mentionner que c'est le théâtre qui a programmé le spectacle. C'est formidable de promouvoir ainsi les jeunes talents locaux.
Le CDC a fait une représentation pour les scolaires et une unique représentation pour tous publics. Près d'un mois avant la représentation le théâtre affichait complet. Je serai curieuse de savoir le nombres de personnes qui souhaitaient voir le spectacle et qui n'ont pas pu avoir de place. J'en connais déjà pas mal personnellement. Preuve que non seulement la danse a un public nombreux et assidu mais aussi que, 2 ans après sa création, le CDC fait déjà parti des valeurs sûres et connues en matière d'enseignement de la danse.
C'est donc sur une salle archi-pleine que le rideau s'ouvre.

C'est la nuit de Noël, la petite Clara et ses ami-e-s sont tout excités par la fête qui se prépare. Jeux, danses et chamailleries sont de rigueur tandis que les adultes vaquent à leurs occupations mondaines. Surgit alors Drosselmeyer avec ses automates pour distraire petits et grands avant de distribuer les cadeaux aux enfants et, bien sûr, le Casse-Noisette à Clara.

Foto: CDC


Ce 1er acte est un enchantement. Mariona Carrasco est une Clara ultra attachante et convaincante, aussi à l'aise techniquement que pour la pantomime. Ses camarades ne sont pas en reste. Leur jeu est très crédible, ils/elles jouent leur rôle avec un naturel déconcertant.
Foto:José Antonio Garcia
Les 3 solistes automates ont fait preuve de beaucoup de qualités. Une fois de plus, Alexandra Urcia a ébloui tout le monde dans sa variation de la poupée. Sa technique est impressionante, propre, brillante. Ervin Eduardo Sánchez s'est carrément joué de toutes les difficultés qui ne manquaient pourtant pas. Je ne sais pas qui était la 3eme ce soir-là donc pardon de ne pas la citer car sa variation était aussi de belle facture.


Yago Catalina avait la lourde tâche d'être Drosselmeyer. J'ai beaucoup aimé son interprétation de parrain mystérieux et un peu magicien.
Quant au Casse-Noisette, c'est Hector Chicote qui a eu l'honneur de lui donner vie. La bataille des rats et du Casse-Noisette était d'ailleurs très bien menée et quelle n'est pas la surprise de Clara de voir son cadeau prendre vie. Mais pour cela, Clara va changer, elle va grandir et c'est Ada González qui prend la relève.

Foto: CDC

On passe de l'enchantement a l'émerveillement. Le tourbillon des flocons de neige nous transporte littéralement dans un autre monde, un monde féerique. Les danses russe, espagnole, arabe, chinoise, la danse des mirlitons, la valse des fleurs passent comme un rêve. De nombreux élèves ont alors l'occasion de danser en solo ou duo et tous et toutes méritent d'être félicités pour leur travail. On retrouve ainsi Ervin Eduardo Sánchez et deux autres garçons dans la danse russe, puis encore Ervin Eduardo dans la danse arabe avec la superbe Sonia Garciá. Meritxell Jurado et Maria Fernanda Urcia excellent dans la danse chinoise, Gemma Espinosa ne manque pas de style ni de piquant dans la danse espagnole, Mariona Puente, Mariona Garcia et un jeune garçon que je crois être David Bellver nous ont servi une danse des mirlitons élégante et raffinée.

Foto: Xavier González

Foto: José Antonio Garcia



Foto: Xavier González


Le pas de deux final est un pur moment de bonheur. Clara-Ada González et Drosselmeyer-Yago Catalina avec le Casse-Noisette-Hector Chicote font preuve de beaucoup de professionalisme, et ce dans la version du Mariinski s'il vous plaît!
C'est BEAU.

Foto: Xavier González

A noter également les costumes et les décors qui contribuent à la magie du spectacle. Tout est soigné jusque dans les détails.
J'ai aussi aprécié les interventions de la companie Pláudite Teatre, venue nous conter l'histoire du Casse-Noisette à chaque changement d'acte et de tableau.

Vous allez peut-être croire que le CDC est coté en bourse et que c'est moi qui détient toutes les actions tant je suis toujours enthousiaste quant à leur prestation mais ce n'est pourtant pas le cas. L'école est simplement excellente. Les élèves ont une technique propre, solide mais sans l'effet "petits singes savants" qui m'insuporte. Le côté artistique est toujours présent. J'ai malheureusement l'impression que de plus en plus de personnes oublient que la Danse est un Art. Heureusement que de tels centres existent pour continuer à former les futurs pro et le public futur.

Merci donc a David Bellver, Julia Baró, Marta Caderot, Paula Campos, Mariona Carrasco, Yago Catalina, Héctor Chicote, Eva Escrich,Gemma Espinosa, Ines Flores, Mariona García, Sonia García, Ada González, Meritxell Jurado, Eric Navarrete, Edna Patricia Patxot, Mariona Puente, Andrea Ramírez, Ervin Eduardo Sánchez, Aina Sanxo, Joel Selva, Leo Surdeanu, Alexandra Urcia, Maria Fernanda Urcia, Edith Vallès et Ester Van Walre des classes de formation professionelles du CDC et à Anna Babiano, Nacho Baenas, Eulàlia Ballart, Vicenç Elipe, Núria Gibert et Eva Murillo de la Companya Plàudite Teatre.

Merci à Eugenia Delgado Mata pour la direction théâtrale, Maribel Pozo Ruiz et Matteo Sisti Sette.
Et bien sûr merci à Roser Muñoz et Joan Boix pour cette merveilleuse adaptation et nouvelle production et au Teatre Joventut pour avoir programmé ce ballet.
Peut-on espérer une autre représentation bientôt?


jueves, 3 de enero de 2013

Barcelona Ballet: sous les ovations du public de sant Cugat

Une fois de plus, les représentations du Barcelona Ballet des 24 et 25 novembre derniers au Teatre Auditori de Sant Cugat ont enchanté le public. Il est venu nombreux malgré les élections catalanes et le "roi" football. Qu'on ne vienne donc pas nous dire que la Danse n'intéresse qu'une poignée d'initiés privilégiés!

Au programme des extraits de l'acte des Ombres de la Bayadère, Facing the Light et la dernière création en date Pálpito.



Ce sont Dayron Vera et Carmen Corella qui ont la lourde tâche d'ouvrir la soirée avec La Bayadère.
Dayron Vera est vraiment époustouflant en Solor. Il a une belle technique, solide avec notamment un superbe manège de tours assemblés. Il arrive à toucher le public. Pas facile pourtant sans les tableaux précédents.
Les 3 ombres nous ont offert un spectacle de toute beauté. Kazuko Omori est éblouissante dans sa variation de la 1ere Ombre. On dirait qu'elle a dansé cette variation toute sa vie tant elle y naturelle et à l'aise. Un pur bonheur!
La 2eme Ombre annoncée sur le programme était Maria José Sales mais j'ai pourtant reconnu Tracy Jones.
Yuka Iseda quant à elle nous a offert une 3eme Ombre absolument divine.
Je suis restée malgré tout un peu sur ma faim. Ce pas de deux de la Bayadère est très beau mais il manque le reste de l'acte. J'ai souvent du mal avec les pas de deux tirés de leur contexte sauf les les pas de deux tubes Corsaire-Don Quichotte-Esmeralda. Cela me fait le même effet avec Gisèle (sauf le pas de deux des paysans) et Le Lac. Voir l'adage du Cygne Blanc en gala ou spectacle ça me frustre. Pour la Bayadère j'ai ressenti cette même fustration. Je dois être trop demandante.



La soirée se poursuit avec Facing the Light. C'était la 4eme fois que je voyais cette pièce et j'ai encore eu l'impression de la redécouvrir. A chaque représentation j'y éprouve des sensations nouvelles, j'y vois des "choses" différentes tant la chorégraphie est riche et tant les interprètes se donnent à fond et y apportent à chaque fois un peu plus d'eux et d'elles mêmes. Cette pièce me captive autant que la 1ere fois et c'est tellement agréable de ne pas se sentir lasser par une pièce à force de la voir. Ca prouve qu'on est face à du solide.
Fernado Bufala y est majestueux et un peu mystérieux aussi. Sa danse est élégante, fluide. Son corps semble faire corps avec la musique. Avec ses compagnons de scène, il illumine la scène face à ce décor très simple et sombre.
Kazuko Omori, Maria José Sales, Tracy Jones, Francisco Estevez et Carlos Taravillo prennent pleinement possession de l'espace, de la musique et de la chorégraphie. On les sent plus acteurs qu'interprètes.
Il m'est assez difficile de décrire la pièce. Il faut la voir par soi même.

Il faut également voir Pálpito. Véritable hymne à la Danse et à la vie, Pálpito mêle avec intelligence et brio technique du ballet classique et danses traditionelles espagnoles, des seguedillas aux tangos.
Le rideau s'ouvre sur Ángel Corella, seul, à terre et nous suivons les palpitations de son coeur. Ce battement de vie amène les danseurs de sa compagnie sur scène dans une explosion de danses. Les danses de groupe sont comme une respiration. Le coté traditionnel amène un aspect charnel ainsi que l'évocation des réalités de la vie avec ses joies et ses doutes. La technique classique quant à elle nous rappelle que le travail et la volonté peuvent nous élever à la virtuosité. Ainsi s'enchainent les passages en scène. Tous seraient a citer mais je retiens particulièrement ce magnifique pas de deux de Carmen Corella, sublime dans sa robe "bata de cola" et Dayron Vera. Carmen y est parfaite, tout est d'une beauté a couper le souffle.
Autre pas de deux à noter, celui de Maria José Sales et Fernando Bufalá, d'une élégance et d'un raffinement rarement atteints.
Raffinement et virtuosité aussi avec Kazuko Omori qui se jouent de toutes les difficultés pour nous séduire et séduire les danseurs.
Puis apparaît un groupe de filles dans un décor de chaises rappelant un vestiaire de cours de danse ou de théâtre avant une représantation.Arrangement du chignon, étirement, rien n'est laissé au hasard. Eloge de l'effort à fournir et de la rigueur que demande la Danse pour atteindre la perfection. On est très loin de la Star Ac.
Les costumes, s'ils m'ont un peu surprise au début, m'ont beaucoup plus. Le tutu classique est revisité, modernisé mais jamais trahi.
Ce ballet, en plus d'être un petit bijou chorégraphique, est une véritable bouffée d'oxygène!



Espérons que l'année 2013 nous permettra de revoir encore et encore cette superbe compagnie.
Au bout de (seulement) 4 ans d'existence le Barcelona Ballet, ex Corella Ballet, nous a donné une certitude: on ne sera jamais déçu-e du spectacle que l'on ira voir. Combien d'autres peuvent en faire autant?

Suite de Bayadere Act II
Musique: Ludwig Minkus
Chorégraphie: Marius Petipa

Facing the Light
Musique: Vivaldi
Chorégraphie: Kiril Radev

Pálpito
Musique: Hector González
Chorégraphie: Miguel Ángel Rojas et Carlos Rodriguez




jueves, 12 de julio de 2012

"Odisea" d'Itaka

Itaka, ou Ithaque en français, n'est pas seulement une île grecque où regna Ulysse. A Barcelone, c'est une école de danse dirigée par Neus Expósito (lauréate de nombreux concours de danse et ex danseuse du Corella Ballet) qui a présenté son tout 1er spectacle en cette fin d'année scolaire: l'Odyssée. Un thème bien à propos quand on porte le nom d'Itaka.
J'y ai assisté un peu par hasard, je ne savais pas trop à quoi m'attendre et je dois dire que j'ai été très agréablement surprise.
Pas de cours de formation professionnelle, pas d'horaires aménagés: c'est une école amateur comme on les appelle. "Amateur" vient de "aimer", un "amateur", une "amatrice" est celui ou celle qui "aime". Faut-il le rappeler?
Il est en tout cas très clair que les professeurs et les élèves aiment réellement la Danse et lui font honneur.

Le déroulement du spectacle déjà est très bien fait. Le spectacle commence à l'heure et les passages des élèves s'enchaînent sans être coupés par un présentateur façon kermesse paroissiale comme on en voit encore trop souvent. En revanche, afin de nous guider à travers ce voyage et certainement aussi pour laisser quelques instants aux élèves entre les danses,une voix off bien audible nous remémore les aventures d'Ulysse. La transition entre les danses est donc bien amenée et on sent dans le choix des chorégraphies une volonté évidente de coller au plus près au thème.

Mais le but ultime d'une école de danse c'est quand même d'apprendre à danser aux élèves et surtout de leur apprendre bien. Que ce soit à visée professionnelle ou non. Ce n'est pas parce qu'on ne se destine pas à une carrière professionnelle qu'on n'a pas droit à un enseignement de qualité. Je sais d'expérience que de nombreuses écoles apprennent n'importe quoi aux élèves et leur font faire des chorégraphies beaucoup trop difficiles, aucun niveau technique ni artistique.
Pas de ça ici. Les chorégraphies sont adaptées au niveau des élèves, c'est en musique et c'est bien placé. Merci les professeur-e-s et surtout Neus Expósito pour les efforts de placement des élèves en classique! C'est primordial! Les élèves montrent un travail soigné, certaines ont de réelles disposition pour la danse et on voit qu'elles sont bien dirigées.
J'ai beaucoup apprécié le travail des toutes petites en classique, bien appliquées. Deux petites danseuses ont dansé toutes seules et franchement, chapeau.
 Toutes les classes, tous les élèves contribuent à nous faire voyager au travers de cette Odyssée.

Nous voici donc propulsés au beau milieu de la guerre de Troie avec les classes de hip hop dirigées par Ianko Stefanov. Belle énergie des élèves!
Puis nous partons au Palais d'Ithaque où Pénélope (Neus Expósito) attend, anxieuse et résignée le retour d'Ulysse. Autour d'elle, les gens du palais s'affairent, ses amies tentent de la distraire. En vain. Les scènes et les épisodes s'enchainent.
A noter la Tempête interprétée par le cours de flamenco d'Angel Espartero, Circe par le cours de jazz sur une belle chorégraphie très technique de Carla Diego ainsi que Hades et Tiresias, duo contemporain sur une chorégraphie sublime de Neus Exposito et admirablement dansée par Alicia Navas et Mireia Álvarez.
En classique, le ballet des sirènes était vraiment très beau et très bien fait malgré des costumes un peu surprenant pour des sirènes (vêtues de noir avec de grands voiles comme des ailes, j'aurai cru qu'il s'agissait d'oiseaux si je n'avais pas su qu'on était dans l'Odyssée et qu'on était arrivé à l'épisode des sirènes).
Et aussi la variation de Diane tirée du pas de deux de Diane et Actéon du ballet Esmeralda et dansée avec une belle assurance par Mireia Álvarez. Nous avons aussi eu droit à une jolie variation d'Athéna, dansée par une jeune ballerine.
Le voyage se termine par une explosion de danse par les cours hip hop avant d'assister aux retrouvailles de Pénélope et d'Ulysse, respectivement Neus Expósito et Ianko Stefanov dans un pas de deux émouvant.

Voici donc un premier spectacle réussi et qui laisse augurer le meilleur pour la suite.

martes, 10 de julio de 2012

Ballant a la sorra

Après Somorrostro, très bel hommage a ce quartier aujourd'hui disparu de Barcelone, Maria Rovira continue sa recherche sur les traces de Carmen Amaya, la grande danseuse et chanteuse de flamenco, avec Ballant a la Sorra avec sa compagnie Transit Dansa.
Carmen Amaya est née à Barcelone, dans le quartier de  Somorrostro en 1913. Elle devient rapidement une figure majeure et pionnière du flamenco, développant un style bien particulier en "masculinisant" la danse des femmes. De "passive", elle va la rendre virtuose et plus puissante.
Son talent l'amène partout dans le monde dont Hollywood mais elle revient à Barcelone. Atteinte d'une maladie rénale, elle meurt à Begur en 1963.

Tout comme pour Somorrostro, on retrouve le sable sur scène, le sable près duquel est née Carmen Amaya, Somorrostro se trouvant en bord de mer.
Cette fois-ci il se trouve en fond de scène et bordé d'une sorte d'osier.
Sur scène, près du sable, 6 musicien-ne-s et chanteurs commencent à entonner des chants flamencos.
Les danseurs et danseuses arrivent un par un vêtu d'un long manteau noir et s'emparent de la scène. Leur gestuelle est fluide, sans heurt, elle coule comme le rouli des vagues. Au milieu de la scène il y a une petite estrade qui se révèle être composée de plusieurs tabourets. Les danseurs défont l'estrade, jouent avec les tabourets pour terminer en cercle.  Très beau passage que celui-ci où les interprètes dansent sur et avec les chaises, en cercle. Pourtant entre le Parc de Preljocaj et Minus 16 de Ohad Naharin, les cercles avec des chaises ont fait des émules. Il était très facile de rentrer dans le déjà-vu et sur-vu. mais non. Maria Rovira a crée une belle danse originale et captivante. Il ne manque plus que l'image de Carmen Amaya au centre.
Carmen Amaya est représentée par une danseuse flamenca qui va nous hypnotiser tout au long du spectacle par sa force, sa fougue, sa présence et son zapateado. Sa danse est de pur style flamenco tandis que les autres danseurs ont une gestuelle contemporaine.
Elle arrive avec une robe à volants mais les volants se révèlent être un long voile dont elle va se défaire. Carmen Amaya portait des pantalons.
Autre moment mémorable: celui de la valse sur la célèbre musique de Chostakovitch. Le jeu de cape est impressionnant.
A la fin de l'oeuvre, les danseurs reforment l'estrade. Notre Carmen Amaya y exécute une danse qui ira presque jusqu'à la transe. Danse curative pour lutter contre sa maladie et contre la mort?

Ce qui est assez incroyable dans cette pièce, tout comme dans Somorrostro, c'est que le sentiment de liberté est palpable. On se sent transporté, comme happé par cette soif d'espace et de vie et c'est ça qui est formidable. On dévore le spectacle des yeux en même temps qu'on le sent et qu'on le ressent.
Ballant a la Sorra c'est l'histoire d'une vie consacrée à la danse. "Danser pour ne pas mourir et vivre pour danser" peut-on lire sur le programme pour résumer la vie de Carmen Amaya. La danse comme source de vie, comme moteur pour affronter la vie et aussi la mort. Danser pour vivre jusqu'au bout et pour vivre tout court.
En rentrant chez moi j'avais vraiment, vraiment envie de danser.

miércoles, 4 de julio de 2012

Barcelona Ballet bis

Dernière de la série de représentations du Barcelona Ballet en ce samedi 23 juin au Teatro Coliseum de Barcelone.

Paquita
Chor. J. Mazilier et M.Petipa
Musique: L. Minkus et E.Delvedez

Facing the Light (création)
Chor. Kirill Radev
Musique: A. Vivaldi, Concerto pour Violon

Suspendd in Time
Chor. Ángel Corella, Russel Ducker et Kirill Radev
Musique: Electric Light Orchestra


Suite à des changements de distribution de dernière minute, j'ai pu admirer Ana Calderon et Alejandro Vireille dans Paquita.
Je ne m'étais pas attardée sur l'histoire de Paquita dans mon précédent billet mais ce ballet mérite sans doute quelques lignes.
Paquita c'est l'histoire de ...Paquita, jeune fille noble enlevée bébé par des gitans. Elle grandit donc dans leur camp et ne sait rien de son enlèvement quand elle croise Lucien d'Hervilly, un jeune noble dont elle s'éprend. Paquita va sauver la vie de Lucien, trompé par le chef des gitans. Malheureusement, leur différence sociale les sépare mais lorsque Paquita va retrouver ses origines grâce à une histoire rocambolesque de médaillon, elle et Lucien pourront convoler en justes noces.
Ces noces, c'est le dernier acte de Paquita dont est issu le Grand Pas présenté lors de cette série de représentations.
Ana est exquise dans ce pas. Elle campe une Paquita stylée et raffinée (n'oublions pas que c'est le Grand Pas du mariage où elle a retrouvé ses origines nobles) avec un zeste de fougue et de caractère rappelant le camp où elle a été élevée. Ses fouettés sont impeccables et énergiques.
Alejandro est une Etoile en puissance. Sa variation est à couper le souffle.

Les 4 variations étaient impeccables en tous points, le corps de ballet très synchronisé et présent. On y retrouve de jeunes danseuses vues dans le corps de ballet du Lac des Cygnes comme les ravissantes Yvonne Slingerland et Gwenaëlle Poline. Quel plaisir de les revoir avec la compagnie!

Puis-je émettre un rêve? Que le Barcelona Ballet remonte l'oeuvre dans son intégralité.

Le ton est surtout le niveau est donné pour le reste de la soirée: très élevé.

Facing the Light, que j'avais beaucoup apprécié lors de la Première m'a encore séduite. Ce soir c'était Fernadó Bufalá qui interprétait le rôle principal. Il m'a semblé donner un caractère plus introverti du rôle que Dayron Vera, plus sensuel et qui assurait la Première. Les 2 interprétations sont intéressantes et riches. Un ballet à voir pour avoir son propre ressenti.

Toujours aussi entrainant et "fun", Suspended in Time termine la soirée sur une note d'allégresse générale. Véritable feu d'artifice servi par tous les danseurs et toutes les danseuses de la soirée, ce ballet réussi encore et toujours à vous donner envie de danser et à vous mettre de bonne humeur. On voudrait que ça ne s'arrête jamais.

Inutile de dire que les prochains spectacles de la compagnie sont attendus par une horde de fans de plus en plus nombreuses et on comprend pourquoi.
Le Barcelona Ballet dansera au Festival de Peralada le 18 août avec en Première en Europe le ballet Pálpito.

lunes, 18 de junio de 2012

Nouveau programe du Barcelona Ballet au Teatro Coliseum de Barcelone

Animation et effervescence étaient au rendez-vous en ce 12 juin devant le Teatre Coliseum de Barcelone pour la Première d'un nouveau programme du Barclona Ballet. La compagnie compte en effet pas mal de fans toujours présents pour les Première, d'autant plus que le programme était plus qu'alléchant:

Paquita
Chor. J. Mazilier et M.Petipa
Musique: L. Minkus et E.Delvedez

Facing the Light (création)
Chor. Kirill Radev
Musique: A. Vivaldi, Concerto pour Violon

Suspendd in Time
Chor. Ángel Corella, Russel Ducker et Kirill Radev
Musique: Electric Light Orchestra


En 1ere partie, le Grand Pas de Deux de Paquita dans la version de Joseph Mazilier. L'occasion pour la compagnie de déployer l'étendu de sa technique et de briller sur scène.
Maria José Sales et Alejandro Virelles assuaraient les rôles de Paquita et de Lucien d'Hervilly pour cette soirée de Première. Pour avoir vu et apprécier plusieurs fois Maris José Sales, j'ai constaté qu'elle paraissait stressée et plus sèche, plus saccadée dans sa danse que d'habitude. C'est dommage parce qu'elle est toujours impeccable dans toutes ses apparitions. Elle a tout de même été à la hauteur du rôle même je sais qu'elle peut faire beaucoup mieux.
Alejandro Virelles est vraiment pas mal du tout en Lucien. Belle technique et une présence sur scène incroyable. On retrouve chez lui toute la fougue et la puissance "à la cubaine", le raffinement en plus. Le résultat est spectaculaire.
Cristina Casa dansait la 1ere variation. Je crois qu'à chacune de ses prestations, j'apprécie chaque fois un peu plus cette très belle danseuse. Elle était vraiment convaincante tant sur le plan technique qu'artistique.
La 2eme variation était interprétée par Leire Cabrera. Je ne connaissais pas cette version chorégraphique. C'est joli à regarder mais il n'y absolument aucune difficulté technique. Si l'artistique ne doit pas pâtir pour la technique, la Danse et qui plus est classique académique, c'est quand même une technique. Je suis donc restée sur ma faim.
Kazuko Omori assurait avec brio et panache la difficile 3eme variation avec ses diagonales de sauts et ses tours attitudes. Avec elle tout cela semble tellement facile!
Quant à la 4eme variation, c'est Ana Calderon qui s'y frotte. Pour notre plus grand plaisir. C'était selon moi la meilleure variation de la soirée. Ana est techniquement très sûre d'elle et prend visiblement plaisir à se jouer de toutes les difficultés. Son interprétation m'a beaucoup plue. C'est fougueux et stylé et chic à la fois.

Comment, au sein du corps de ballet, transmettre son interprétation tout en préservant la cohésion du groupe? Pas facile mais Paquita s'y prête sans doute plus qu'un Lac ou que les Wilis. J'ai trouvé que le corps de ballet faisait très style ABT. Les filles ont pleinement assuré. Leur technique est propre et soignée et elles arrivent à faire passer leur personnalité propre.
Le ton est donc donné: c'est du haut niveau qui démarre la soirée et j'entends bien que la suite soit de même.

La suite justement ne me disait rien ni en bien ni en mal. Je n'avais aucune idée de ce qui m'attendais avec la création de Kirill Radev. Je savais qu'il est un bon danseur et j'ai adoré Suspended in Time, pièce qu'il a chorégraphié avec Russel Ducker et Ángel Corella.
Pour son Facing the Light j'attendais donc de voir son propre style avec impatience mais sans à priori. Le style se veut contemporain mais fait largement appel à des bases classiques.
Le décor est simple: tout est noir, illuminé de lumière jaune, chaude. Un seul danseur (Dayron Vera) sur scène dans la lumière ou faisant face à la lumière/réalité de la vie? peu à peu, 2 danseurs (Francisco Estevez et Ion Aguirretxe) et 3 danseuses (Cristina Casa, Ana Calderón et Alba Cazorla) le rejoignent. Des couples, des trios, des groupes se forment et se décomposent tour à tour. La solitude existe aussi en groupe. L'oeuvre est riche et nous interpelle. On peut y voir beaucoup de choses et de sens différents suivant notre parcours et nos sensibilités et cela vient naturellement. Nulle question ici de danse speudo-psycho-intello-analytique mais d'une danse accessible à tous et toutes, une danse belle et sensible. Les interprètes sont à fond dedans et nous servent chacun leur histoire, leur solitude, leurs rencontres qui forme la vie de ce court ballet. Kirill Radev s'est visiblement beaucoup appuyé sur la musique, ce très beau concerto dont le rythme n'est pas sans rappeler celui d'un mécanisme bien réglé et du temps qui passe. La pièce se termine comme elle avait commencé avec notre homme seul dans la lumière. La boucle est bouclée.
Kirill signe ici une oeuvre intéressante et prometteuse pour la suite s'il souhaite chorégraphier de nouveau.

Pour finir la soirée la compagnie a choisi de nous re-présenter Suspended in Time et c'est vrai que ce ballet est idéal pour finir une soirée de spectacle en beauté. C'est vif, joyeux, entrainant et on en prend plein les yeux.
Les danseurs et danseuses s'amusent à nous éblouir par leur technique tout en nous racontant une histoire à chaque scène. Chaque scène est crée sur une chanson de E.L.O et ne sont pas sans rappeler l'ambiance des années 70. Rencontres entre filles et garçons, jeux de séduction, premières amours sont un pretexte pour tous les membres de la compagnie à nous emporter dans un tourbillon de  pirouettes, manèges, fouettés, diagonales de grands sauts et de tours à la vitesse de l'éclair.
Leur joie de danser est palpable et communicative à tel point qu'on se surprend à danser sur son fauteuil.

Merci à tous et toutes de partager avec nous cette envie de danser. Et bien sûr on ne peut que se dire que la compagnie doit survivre. Voir le public ressortir ave cette envie de chanter et de danser est la meilleure preuve de l'utilité d'une compagnie de cette envergure dans notre ville.

A voir jusqu'au 23 juin au Teatro Coliseum.

domingo, 17 de junio de 2012

Gala de fin d'année du Centre de Dansa de Catalunya

Le mois de juin est là et avec lui fleurissent les spectacles de fin d'année. S'il y en a bien un que je ne voulais pas manquer c'est celui du Centre de Danse de Catalunya dirigé par Joan Boix et Roser Muñoz. Suite à une riche carrière professionnelle, ils se consacrent aujourd'hui à la transmission de leur savoir et leur expérience. Avec succès.
En effet, leur projet d'ouvrir leur propre centre de danse a abouti il y a 2 ans et cette année déjà il leur a fallu prévoir 2 spectacles pour donner à danser à tout le monde!

1er spectacle en fin d'après midi pour les petites classes dirigées par Raquel Pérez et le hip hop.
L'ambiance dans la salle est familiale. Et pour cause! Le rideau se lève sur une classe de bouts de chou de 4/5 ans s'appliquant à exécuter les excercices de Roser Muñoz. Les petites danseuses sont aidées par une élève du cycle de formation et sont visiblement heureuses de faire avec sérieux leur premiers pas sur scène. C'était donc plutôt amusant de voir ces petites si bien appliquées et de voir à coté les parents dans la salle faire moults "coucou" de la main (je doute que depuis la scène illuminée les petites aient pu reconnaître papa-maman dans le noir, mais bon...).
Pas de prouesse technique à cet âge et heureusement! Sensibilisation à la musique, au mouvement. On voit déjà que certaines sont plus musicales que d'autres. 

Le cours de base montre déjà plus de technique et de musicalité même si les pieds pourraient être un peu plus tendus.

Le cycle de formation I a également dansé sur un des concertos Brandebourgeois de Bach chorégraphié par Roser Muñoz. La chorégraphie est bien pensée, fluide et épurée et met bien en avant les qualités des élèves dont certaines se montrent déjà prometteuses.

Place ensuite au cours débutant avec Beethoven et les 7 notes où de petites ballerines symbolisant les notes blanches et noires en font voir de toutes les couleurs à notre Beethoven en herbe.

Le spectacle se terminait par un très joli ballet intitulé La casa de les Nines (la maison des poupées). Cinq élèves des classes de formation, Alexandra Urcia, Mariona Puente, Mariona García, Mariona Carrasco et Edith Vallès se retrouvent devant l'entrée d'une mystérieuse maison et s'y introduisent discrètement. Le thème rappellent Coppélia. Sauf qu'à l'intérieur ne sévit aucun Coppélius mais dansent toutes les petites des cours d'initiation et préparatoires.
Les 5 ballerines du cycle de formation sont très expressives et gracieuses comme il se doit pour ce type de ballet.
Alexandra Urcia est impressionnante dans sa variation. Belle technique, belle présence scénique, grâce. Tout y est.
Mariona Puente, Mariona Carrasco et Mariona Garcia sont resplendissantes et Edith Vallès nous emporte avec son sourire.

Une salve d'applaudissements bien méritée a conclu ce spectacle.

Quelques minutes plus tard, le temps de vider la salle, débutait le 2eme spectacle de la soirée, celui des classes de formation.

L'ambiance dans la salle est plus "sérieuse". Plus d'enfants courant dans les allées, plus de coucous de la main ou sonores mais un public qui n'en est pas moins chaleureux.

La 1ere pièce, Cello, sur une chorégraphie de Williams Castro et musique de Haydn met en scène 12 danseurs et danseuses. La gestuelle est contemporaine mais s'appuie sur les bases classiques. C'est visuellement très beau. On sent la cohésion du groupe et la synchronisation est quasi parfaite. La danse illumine la musique et inversément.

Il faut 20 ans pour construire un homme et 20 secondes de guerre pour le détruire. Voilà en résumé le thème de Jocs de Guerra (Jeux de Guerre) de Joan Boix. 8 danseurs nous content la tragédie des guerres. La chorégraphie met en valeur les interprètes et le niveau technique est bon. Très bon même. J'ai bien aimé le fait de créer un ballet uniquement pour les garçons. Bien que les choses évoluent peu à peu, la danse souffre encore trop souvent de stéréotypes idiots et les garçons à la danse font encore sourire trop de monde, sans parler du statut de "porteur" des garçons cantonnés au pas de deux. Cela me semble donc pas mal  de les mettre en avant de la sorte, même si le thème de la guerre est un peu cliché pour des garçons pour le coup. Surtout que la guerre ça touche aussi les filles, ça touche tous les milieux. Quoi qu'il en soit il en ressort une chorégraphie puissante qui nous permet d'apprécier ces jeunes danseurs. Encore une fois, j'ai retrouvé avec plaisir Oriol Figuerola, aujourd'hui vrai professionnel, et ses compagnons de classe Héctor Chicote, David Bellver, Eric Navarrete, Jordi Sala, Edwin Eduardo Sanchez et María Huguet, Yago Catalinas. Je découvrais certains d'eux pour la 1ere fois quant aux autres je n'ai pu que constater de réels progrès chez tous. J'ai hâte de les revoir danser.

Du rose, du rose, du rose, des tutus et encore du rose. Sans transition, nous voilà plongé dans le Jardin Animé extrait du ballet Le Corsaire par les filles des cours de formation.
Du vert camouflage pour les garçons et du rose pour les filles.
Il m'a fallut quelques secondes pour me réadapter. Peut-être que Cello aurait pu être entre Jocs de Guerra et El Jardin?
Heureusement, la belle prestance des filles sur scène arrive à nous mettre très vite dans le bain. Et d'ailleurs c'est une excellente idée que de monter ce passage pour des élèves en formation. Cela leur permet de se frotter au Répertoire, ce qui est indispensable arrivé à un certain niveau quand on souhaite devenir pro et le Jardin n'est finalement qu'une excuse pour présenter moults variations et permettre à bon nombre d'élève d'avoir une variation à se mettre sous la dent.
Si certaines sont encore un peu jeunes pour ces variations difficiles, d'autres s'en tirent déjà à merveille. Comme Julia Roca, très belle, très gracieuse et à la technique impeccable. Elle n'est d'ailleurs plus tout à fait élève puisqu'elle a participé entre autre au Lac des Cygnes d'Ángel Corella avec le Barcelona Ballet et se voit ouvrir de nombreuses portes professionnelles.
Ada Gonzales est elle aussi à l'aise dans sa variation et possède ce petit quelque chose en plus qui fait qu'on a envie de la regarder.
Julia Baró et Alexandra Urcia sont elles aussi remarquables. je n'ai pas reconnu toutes les solistes mais toutes ont fait montre d'une joie de danser communicative et d'un beau travail technique.
Le corps de ballet n'a pas démérité et n'a pas eu juste un rôle "décor". Toutes les filles mériteraient d'être citées.
Félicitations à toutes!

En 2eme partie du spectacle, les élèves ont présenté le ballet Les Quatre Saisons de Roser Muñoz et Joan Boix sur la célèbre partition de Vivaldi. Les diapositives servant de décor relataient les saisons mais aussi l'âge et les étapes de la vie. J'ai beaucoup aimé la chorégraphie techniquement coriace et qui en appelle aussi beaucoup à l'expressivité des interprètes. Tous et toutes ont été brillants. De véritables artistes! Chaque mouvement, chaque regard est pensé, interprété. Chacun et chacune raconte une histoire. C'est de la Danse, de la vraie danse et par conséquent de l'Art. Pas du sport comme je trouve qu'on en voit trop souvent dans certains concours et spectacles.
Les passages en groupe sont ensembles et tout en musicalité.
Le pas de deux du Printemps dansé par Ada González et Oriol Figuerola fût l'un des meilleurs moments de la soirée. Ada et Oriol ont été littéralement sublimes, leur danse fût magnifique.Ils sont beaux, tout simplement et on a envie qu'ils ne s'arrêtent jamais de danser.
Autre très beau passage, celui de l'Eté dansé entre autres par Julia Roca, toujours aussi remarquable, Edwin Eduardo Sanchéz et Hector Chicote. Là aussi c'était du très bon niveau. Ils ont réussi à me donner des frissons. C'est dire!

Au final un public debout et visiblement ravi. Merci à tous et toutes les élèves et aux professeur-e-s. Si seulement toutes les écoles privées pouvaient avoir ce niveau et cette honnêteté artistique!

sábado, 26 de mayo de 2012

Les prochains rendez-vous danse sur Barcelone

Il y aura pas mal à voir et à faire sur Barcelone ces prochains jours.

Ce week-end, le flamenco est àl'honneur au Mercat de les Flors avec le festival Ciutat Flamenco tandis que le Centre Cultural Unnim de Terrassa propose un" hommage aux grandes figures de la Danse du  XXeme siècle" avec un gala de virtuoses ce dimanche 27 à 18h00.

Au mois de juin, vous pourrez faire votre programme pour le festival GREC.

Et à ne surtout pas manquer le 8 juin, le spectacle du Centre de Dansa de Catalunya à l'Hospitalet de Llobregat jouxtant Barcelone.

viernes, 11 de mayo de 2012

Les danseurs de l'ODP à Terrassa

Les danseurs du groupe de José Martinez, aujourd'hui repris par Bruno Bouché, ont présenté un programme ecclectique au centre Culturel Unnim de Terassa.

La soirée débutait pas le pas de 6 de Raymonda. Pas difficile pour attaquer une soirée à froid sous tous les sens du terme.
Léonore Baulac y est resplendissante. De la graine d'Etoile en puissance.
Mathilde Froustrey est une Raymonda peut-être un peu douce pour la claque mais est tout de même très honorable.
Fabien Revillon semblait un peu trop dans le sol dans sa variation et l'ensemble m'a semblé manquer de punch.

Suivait Adagietto d'Oscar Araiz. C'était une première pour moi et j'ai été bluffée. La pièce est belle. La chorégraphie ravira tous les esthètes à n'en pas douter. On entre dans un monde de beauté, de poésie et de rève en harmonie avec la sublime musique de Mahler. Ajoutez à cela des interprètes fabuleux et vous obtenez un grand et beau moment de danse. Pauline Verdusen et Gregory Dominiak s'approprient la chorégraphie pour lui donner vie. Magnifique! On voudrait que ça ne s'arrète pas.

Changement radical (et un peu brutal) de style avec In the Middle Somewhat Elevated de Forsythe. Ce style va bien à Alice Renavand qui nous a offert une performance de premier choix accompagnée d'Audric Bezard, excellent partenaire et interprète. Les lignes sont vives, nettes, précises. La pureté de la technique classique est sublimée par cette distortion des pas poussée jusqu'à l'extrême et si caractéristique de l'oeuvre de Forsythe.

Enfin, Agnès Letestu et Stéphane Bullion ont interprété le pas de deux de la Dame au Camélia de Neumeier. J'ai toujours eu du mal avec ce ballet et encore plus lorsque le pas de deux est coupé de l'oeuvre. Heureusement qu'il y a la musique de Chopin pour attirer mon attention et aussi Agnès qui est magistrale dans le rôle. Subjectivement, ça n'est pas ma tasse de thé même si j'ai plaisir à voir Agnès mais objectivement il n'y a rien à redire: c'est beau et c'est du grand art.

Ouverture de la seconde partie sur Delibes Pas de Deux de José Carlos Martinez. Mathilde Froustrey et Yannick Bittencourt y sont comme des poissons dans l'eau. Ce pas de deux est un pur régal. Comme quoi on peut encore de nos jours composer des chorégraphies pur classique!

The nignt de Benjamin Millepied, n'a pas particulièrement attiré mon attention. La chorégraphie m'a semblé assez basique et faussement anti-conventionnelle. Alice Renavand et Audric Bezard tirent leur épingle du jeu mais sont moins convaincants que dans In the Middle.

Suivait Mi Favorita. Véritable petit chef d'oeuvre chorégraphique signé José Martinez (et on a la chance de l'avoir maintenant à Madrid!!!!!).
Le classique c'est chiant? C'est ringard? C'est dépassé? Mais bien sûr, on y croit.
Mi Favorita est un ballet inventif, drôle, truffé de référence aux grands classiques et grands chorégraphes. On retrouve ainsi Gisèle, Le Lac, La Belle, Sérénade et plein d'autres encore. On retrouve les caricatures du danseur et de la danseuse. De la ballerine-diva qui récolte fleurs et applaudissement en minaudant aux danseurs qui comparent leur ballon et leur pirouettes, tous les stéréotypes y passent. Une véritable bouffée d'oxygène!

Pour finir, Non, je ne regrette rien de Favier. L'originalité repose sur le fait que les danseurs évoluent sur une toute petite surface rappelant un gazon. C'est incroyable tout ce que l'on peut faire dans un si petit espace. Agnès Letestu et Stéphane Bullion transcendent ce petit carré vert.

Après de nombreux applaudissements, tout le groupe nous offre un final spectaculaire. Le public a réservé une belle ovation aux danseurs et danseuses.
Merci d'être venu de Paris pour cette soirée unique. On espère vous revoir très bientôt.

domingo, 26 de febrero de 2012

Triple Bill à Sant Cugat avec la Compañia Nacional de Danza

La Compañia Nacional de Danza, aujourd'hui dirigée par José Carlos Martinez, était à Sant Cugat pour 2 représentations.
Au programme 2 pièces contemporaines et 1 pièce neo-classique:
In Transit d'Anabelle Lopez Ochoa (création)
Artifact II de William Forsythe
Walking Mad de Johan Inger

C'était aussi l'occasion de rencontrer José Carlos Martinez venu présenter les pièces au programme ainsi que ses projets pour la compagnie.
Nul n'ignore en effet que la CND, après avoir été une compagnie de Répertoire classique, est devenue une compagnie d'auteur sous la direction de Nacho Duato et que son répertoire a glissé vers le contemporain.
Pour José Carlos Martinez, un danseur doit savoir tout danser d'où la volonté d'ouvrir le Répertoire de la compagnie à différents styles. "Je viens de l'univers du ballet classique, j'ai commencé comme danseur classique et j'ai travaillé avec des chorégraphes contemporains et j'ai ainsi pu évoluer en tant que danseur. J'aime danser de tout et voir de tout. C'est ma vision de la danse. Ce que j'aimerais avec la CND c'est pouvoir toucher un public large et montrer tous les styles. Le vocabulaire classique, qui est une base pour les danseurs et les chorégraphes doit évoluer. Cela ne serait pas interessant de se limiter au classique."
Premier grand défi aujourd'hui pour les danseuses: rechausser les pointes. Cela a-t-il été difficile? José Carlos Martinez répond que la compagnie a toujours eu 1 cours classique par jour et donc que les danseurs et danseuses ont les bases classiques. Il a rajouter un quart d'heure supplémentaire au cours pour que les danseuses travaillent les pointes. "C'est comme le vélo" dit-il, autrement dit, ça ne s'oublie pas.
La difficulté principale actuelle ne concerne pas les pointes mais la situation économique du pays peu propice à un développement artistique. Ce ne sont pourtant pas l'envie ni les projets qui manquent tant pour la CDN1 que pour la CND2. La CND2, se veut un tremplin pour les jeunes danseurs et sera renouvellée la saison prochaine. Actuellement, les danseurs de la CND2 participent au programme de la CND.
Pour l'instant, les oeuvres de Nacho Duato ne peuvent pas être dansées par la compagnie. Celui-ci refuse en effet que la compagnie continue à les présenter. La compagnie a besoin d'avoir un répertoire pour pouvoir partir en tournée et les projets de création fusionnent avec l'envie de faire venir travailler les grands chorégraphes . D'ailleurs l'une des ambitions avouée est de faire découvrir au public un Répertoire auquel il n'est pas habitué.

Pour cette soirée donc, 3 pièces mais aucune signées José Martinez. Il annonce qu'il ne prévoit pas de danser ou de chorégraphier pour le moment, sa mission étant de diriger la compagnie et la faire connaître.

La soirée s'ouvre sur In Transit, création signée Annabelle Lopez Ochoa. La pièce veut montrer les gens en situation de transit, dans une salle d'attente.

1/2 heure et un entracte plus tard le spectacle (re)commence avec Artifact II de Forsythe sur la très célèbre partition de de Bach.On assiste ici à l'illustration parfaite de ce qu'un danseur peut faire avec une base classique.
Franchement, on ne dirai pas que les danseuses viennent juste de reprendre les pointes tant les pas sont fluides, naturels. Les alignements sont parfaits, les lignes superbes. La "pâte"  de Forsythe est magistralement intégrée par tous ces danseurs et danseuses aussi talentueux et talentueuses les uns que les autres. Ca passe comme dans un rêve. Pas une seconde d'ennui, on est captivé du début à la fin à la fois par la chorégraphie, la musique et l'interprétation des artistes. On en redemande!

Pour clôturer la soirée, la CND nous a présneté Walking Mad de Johan Inger crée en 2001 pour le Nederlands Dans Theater sur le Bolero de Ravel et Für Alina de Arvo Pärt.
Un homme descend l'allée de l'amphitéâtre. Un spectateur retardataire? Non. Un des protagonistes de la pièce. Il monte sur la scène où une femme ramasse des vêtements par terre. Les 30 premières secondes me semblent étranges. Vais-je accrocher? La seconde suivante me donne la réponse: Walking Mad est définitivement une oeuvre plaisante, séduisante, originale et drôle. L'utilisation de la musique tant envoûtante de Ravel est optimale. Le décor aussi est très bien pensé avec ces portes cachées qui s'ouvrent et se referment sur les interprètes en proie aux rythmes lanscinants de la musique.

Très bonne démonstration de la compagnie donc.On attends avec impatience l'annonce du budget 2012 en espérant que ce dernier permettra à la compagnie de briller comme il se doit.

lunes, 20 de febrero de 2012

Le Lac des Cygnes au Liceu bis et ter

Cela fait plusieurs jours que je veux publier ce compte rendu des représentations de samedi 11 en soirée et dimanche 12 après midi et que je n'y arrive pas. Les mots me manquent.
Pour la représentation du samedi, je savais que j'allais voir danser Aaron Robinson en Siegfried et Momoko Hirata en Odette/Odile, tous 2 fraîchement nommé-e-s Principals. Je savais que j'allais passer une bonne soirée. J'aime la version d'Ángel Corella, j'ai déjà vu danser Aaron et Momoko dans d'autres rôles, d'autres pièces et je n'ai jamais été déçue par leur prestation. J'étais impatiente de les découvrir dans le Lac après avoir découvert Sarah Lane lors de la Première.

Le rideau de scène du Liceu se lève donc sur le château du Prince ce samedi 11 février 2012.
Aaron Robinson semble déjà très aprécié du public et reçoit une salve d'applaudissements dès son entrée.
Pour une prise de rôle, c'est réussi. Déjà il a la silhouette rêvée d'un Prince et il arrive à entrer dans la peau du personnage, d'un jeune Prince insouciant qui va devoir assurer sa majorité et faire face aux exigences de son titre. Je regrette un certain manque de fluidité dans son interprétation mais malgré cela, il parvient à capter l'attention du public. Ses variations sont superbement menées. Ses tours et ses sauts sont toujours autant spectaculaires sans faire "cirque". C'est beau, raffiné, élégant. Aaron fait définitivement partie des très, très, très grands danseurs d'aujourd'hui.

Le corps de ballet nous offre un joli travail soigné. Le pas de 3 est superbement dansé par Alejandro Virelles, Cristina Casa et Maria José Sales. Je découvrais Alejandro et j'ai été impressionnée par ses sauts et ses pieds magnifiques. Cristina Casa et Maria José Sales sont à la fois grâcieuse et raffinée chacune à sa manière.
Puis arrive la scène du lac. Bien sûr, j'attends Momoko. Un grand jeté, un seul et...

Momoko Hirata et Aaron Robinson. Crédit photo: A.Bofill
Je ne m'attendais pas à ça. Surtout pour une prise de rôle. Sa prestation ne se raconte pas. Il faut la voir. Qui, aujourd'hui, est capable d'égaler son Cygne? A part Lopatkina et une ou deux autres, je ne vois pas. C'était d'une beauté, d'une émotion à couper le souffle. Surtout le Cygne blanc le samedi. Son Odile avait également de quoi faire pâlir plus d'une Etoile de ce monde mais je l'ai trouvé un petit chouilla trop douce. Mais le lendemain, déjà, son Cygne Noir atteignait lui aussi la perfection. Elle était cette fois acompagnée d'Àngel Corella. On sent bien que le rôle n'a pas de secret pour lui et qu'il y est très à l'aise. Les pas de deux du Cygne Blanc et celui du Cygne Noir vont, à n'en pas douter, rester dans les annales du Ballet.

Toujours la mention spéciale aux 4 petits cygnes Ana Calderón, Cristina Casa, Leire Cabrera et Carla López. Synchronisation parfaite, musicalité, propreté des pas: c'est juste parfait.

Jonathan Diaz campe un Robarth convaincant, malfaisant et puissant.

La danse espagnole est toujours aussi dynamique, enlevée par Ana Calderón, Maria José Sales, Ion Agirretxe et Carlos Taravillo.

Ce soir je retrouve aussi dans le corps de ballet Oriol Figuerola, jeune danseur issu lui aussi du CDN et dont j'ai aussi parlé plusieurs fois dans de précédents billets.
Quel plaisir de retrouver tous ces jeunes sur scène!

Si le corps de ballet féminin manquait  parfois de synchronisation dans les actes blancs samedi, heureusement, dimanche, rien de cela mais de belles lignes et de très beaux ensembles. Un véritable enchantement. J'en ai encore des étoiles plein les yeux.

Ángel Corella.Crédit photo: A.Bofill

sábado, 11 de febrero de 2012

Sarah Lane et Ángel Corella: le Cygne et le Prince qui enchantent le Liceu

Grande Première ce jeudi soir 9 février 2012 au Gran Teatre del Liceu: Le Lac des Cygnes par le Corella Ballet dans la version d'Ángel Corella.
Pour marquer l'évènement, nous avons eu droit à une invitée de marque en la personne de Sarah Lane, soliste de l'ABT. Elle fût aussi la doublure de Natalie Portman dans le film Black Swan.
Mais ce soir, ce n'est pas un film qui s'est joué sur la scène du Gran Teatre. C'est un ballet, l'un des plus mythiques du Répertoire et qui ne pardonne rien ni techniquement ni artistiquement.

J'avais déjà vu la version d'Ángel Corella en 2010 à Sant Cugat et j'avais adoré. La chorégraphie est basée sur la version originale de Petipa et Ivanov mais Ángel Corella y a ajouté sa touche personnelle. Le résultat est des plus réussi avec une chorégraphie vive, narrative, musicale et mettant en valeur les qualités des danseurs de la compagnie. La mise en scène et les décors, surtout la représentation du lac, sont également du plus bel effet. Bref, une totale réussite de ce côté.

Qu'en est-il côté danseurs et danseuses? Et bien disons-le tout de suite: c'est une totale réussite aussi.


Sarah Lane ne joue pas à être un cygne. Elle EST un cygne. Son cygne blanc est lyrique, digne face à Rothbart et le sort que celui-ci lui a jeté. Sous les traits d'Odile, elle incarne un cygne Noir séducteur et maléfique à souhait. Le Prince (Ángel Corella) ne peut que tomber dans le piège. De retour dans la peau d'Odette, Sarah Lane nous émeut par son désespoir. Elle se jette dans le lac suivi du Prince et le sortilège est rompu. Techniquement il n'y a rien à redire, la ligne de ses attitudes est la pureté même et ses bras sont superbes. On est hypnotisé.
Ángel Corella, quant à lui, est toujours aussi magnifique dans le rôle du Prince. Dépité face à sa mère qui lui rappelle qu'il serait temps qu'il trouve une épouse, il est un Prince épris, attentionné et passionné face à Odette. Le pas de deux du cygne blanc fût un moment magique, de toute beauté tandis que le pas de deux du Cygne Noir fût envoûtant, presque ennivrant ai-je envie d'écrire. Le public, pourtant très froid au début (le public du Liceu rechigne assez à applaudir allez savoir pourquoi!) s'est laissé aller à de chaleureux applaudissements.

Aaron Robinson campe un Robarth fort et malfaisant. Si son costume ne me convainc pas vraiment, son jeu d'acteur en revanche est bluffant et, servi par une technique sans faille, il remporte mon adhésion.

Benno était ce soir de Première l'excellent Kirill Radev. Le pas de trois qu'il a dansé avec Momoko Hirata (la grâce incarnée) et Kazuko Omori était superbe.

Kirill Radev, Momoko Hirata et Kazuko Omori. Photo: A.Bofill
Mention spéciale aux 4 petits cygnes Ana Calderón, Cristina Casa, Leire Cabrera et Carla López, qui atteignent la perfection. Elles m'ont scotchée. C'est SU-BLI-ME.

Yuka Iseda et Maria José Sales assurent quant à elles dans le rôle des 2 grands cygnes. Maria José Sales est comme à son habitude c'est à dire très bien et Yuka Iseda fait montre de belles qualités et d'une grande élégance.
Sarah Lane et Ángel Corella. Photo: A.Bofill

La danse espagnole a été magnifiquement enlevée par Ana Calderón, Cristina Casa, Ion Agirretxe et Carlos Taravillo.

Le corps de ballet est en belle forme. On remarque particulièrement Alba Cazorla, Ana Cabral, Yoko Callegari, Tracy Jones et j'ai retrouvé avec plaisir Julia Roca, ancienne élève du CDC qui fait ses débuts professionnels et dont j'ai souvent parlé ici.

L'orquestre del Gran teatre del Liceu fût à la hauteur de la tâche et au moins les musicien-ne-s sont restés dans la fosse pour les saluts.

Dans quelques heures je vais revoir le spectacle mais avec Momoko Hirata et Aaron Robinson dans les rôles principaux cette fois.
Demain aura lieu la dernière soit 5 représentations en tout, toutes jouées à guichet fermé. Qui a dit qu'il n'y a pas de public pour la danse classique en Catalogne?

lunes, 19 de diciembre de 2011

Casse-Noisette par le Ballet du Théâtre National de Moscou

Souvenez-vous lorsque, enfant, vous attendiez la nuit de Noël avec impatience afin de pouvoir déballer vos cadeaux. Souvenez-vous de quel cadeau vous rêviez. Non, je ne parle pas des VTT à 10 vitesses, des châteaux Lego et encore moins des Game Boy, Nintendo DS ou autre Ipad ni d'une entrée à Eurodysney. Non, je parle du rêve de tout enfant depuis toujours, du cadeau qui vous donne des étoiles dans les yeux: un casse-noisette.

Casse-noisettes: nom masculin invariable


  • Instrument formé de deux branches que l'on peut rapprocher de façon à casser une noisette placée entre elles deux. (source Larousse)


Comme tous les autres enfants de son âge, Clara ou Maria selon les modes et les versions, l'héroïne du ballet Casse-Noisette, atteint le nirvana lorsque son parrain Drosselmeyer lui offre un casse-noisette (décidemment, l'argument de certains contes et ballets me laissera toujours perplexe).
Mais attention! Clara n'est pas une prolo. Il y a de la place dans la cuisine et c'est pourquoi son casse-noisettes est un peu plus original et encombrant que la normale: il ressemble beaucoup à un petit soldat (ah! l'attrait de l'uniforme sur la gent féminine, même enfantine!). Petit soldat qui casse des noisettes donc. Mais pas que. Voilà donc que celui-ci prend vie et se bat avec une armée de rat. Clara est obligé de sacrifier une chaussure pour le sauver des griffes du méchant Roi des Rats. Un coup de talon sur la tète et zou, adieu les rats! Place aux flocons de neige et à un beau voyage au pays des douceurs: massepain, café d'Arabie, thé de Chine ou encore chocolat chaud d'Espagne. Tout ça est presque aussi beau que de se voir offrir un casse-noisette. Mais les meilleures choses ont une fin et Clara se réveille, son casse-noisette dans les bras. C'était un beau rêve de Noël.

Je viens donc de voir la production du Ballet du Théâtre National Russe de Moscou qui se produisait au Coliseum de Barcelone.
Une bonne surprise vient des décors et costumes beaucoup moins kitsh et sirupeux que ce à quoi je m'attendais ou plutôt redoutais.

Question danse, les solistes sont bons avec une mention spéciale à Anastasia Tsybenova, rayonnante dans le rôle de la poupée au 1er acte et très à l'aise dans la danse arabe.
Clara ( ici Maria) était Olesya Gapienko ou Tatiana Predeina (tous les autres rôles n'avaient qu'un seul titulaire sauf Clara). Aucune indication des dates de distributions sur le programme donc je ne sais pas laquelle j'ai vu.
Qui qu'elle soit, elle fût une jolie Clara, heureuse comme une gosse avec son casse-noisettes puis une belle Princesse amoureuse de son casse-noisette devenu Prince pour l'occasion.
Casse-noisettes était Rauan Orazbayev. Il est bien dans le rôle mais il faut bien avouer que techniquement, ce n'est pas le rôle le plus dur du Répertoire.
Le Prince, Mikhail Mikhailov, fût un partenaire attentif et à l'aise dans les difficultés techniques.
J'ai bien aimé le jeu de Vladimir Babruev, Drosselmeyer.
La déception est venue du corps de ballet. Le corps de ballet masculin n'a pas fait grand chose techniquement parlant, je ne sais donc pas de quoi il est capable ou non. En revanche, la valse des flocons et des fleurs laissait la part belle au corps de ballet féminin. Si quelques unes ont un niveau correct, ce n'est pas le cas de toutes. Pieds pas tendus, sauts lourds, certaines ne décollent même pas entièrement le pied dans les temps levés et franchement, ça la fout mal. J'ai même eu mal pour l'une d'entre elles, visiblement pas à l'aise du tout et à la limite du ridicule.
Autre déception: le pas de deux tronqué. Nous n'avons pas vu les variations, elles sont tout simplement passées à la trappe.Pourquoi??????? Rendez-nous les variations!!!

Pas parfait donc mais heureusement le tout est sauvé par de jolis décors de conte et  par la qualité des solistes qui sont nombreux sur ce ballet.
Si ce n'est pas le meilleur Casse-Noisettes que j'ai vu, je ne m'y suis pas ennuyée non plus et j'ai apprécié plusieurs passages. De quoi ressortir de bonne humeur.