miércoles, 19 de junio de 2013

Aeternum- Los Vivancos

Les Vivancos, vous connaissez? Si oui, vous êtes sans doute déjà séduit-e-s. Si non, vous n'allez pas tarder à succomber à leur charme.

Ces 7 frères danseurs-musiciens flamencos, classiques, rock savent mélanger les styles et s'allier le public. Il faut dire que tout est brillamment maîtrisé et, si ces 7 virtuoses n'hésitent pas à jouer sur le coté "sexy boys" ce n'est pas pour occulter une quelconque faille technique ou artistique. Au contraire, c'est la cerise sur le gâteau, le petit plus à une prestation d'un niveau époustouflant. Le CV des protagonistes a en effet de quoi faire pâlir d'envie pas mal de monde: Institut du Teatre de Barcelone, Conservatoire Royal de Madrid, ballet des jeunes d'Europe de Jean-Charle Gil, Scottish Ballet, compagnie de Joaquin Cortès, Ballet Espagnol Rafael Aguilar, entre autres. En 2007, ils décident de se réunir pour créer leur propre compagnie et depuis lors n'arrêtent pas d'enchaîner les succès auprès du public.



Leur nouveau spectacle, Aeternum, est donné en ce moment au Teatre Tivoli de Barcelone. En collaboration avec l'Orchestre de Budapest, le "show" présente un mélange de danse et musique enregistrée et live avec la présence sur scène de 7 musiciennes hongroises sans oublier les performances musicales des Vivancos en personne. Si le décor est assez sobre (une structure métallique mobile), les effets de lumière transforment la scène en moins d'une seconde selon les besoins et l'effet est particulièrement saisissant.


Le tout début du spectacle m'a un peu surprise avec ces 7 silhouettes perchées sur une structure métallique rendue invisible par les éclairages. J'ai redouté un spectacle mystico-philo-religieux à la sauce rock durant quelques secondes et puis les 7 silhouettes sont sorties de l'ombre laissant apparaître les interprètes. Si je n'ai pas vraiment goûté à l'histoire un peu trop manichéenne du combat entre le Bien et le Mal des premiers instants j'ai en revanche de suite accroché à la richesse de la chorégraphie et à la pureté de l'exécution. 

La fusion des styles est particulièrement impressionnante même si le flamenco est largement dominant. Tout se fait naturellement, preuve, une fois de plus, que la danse n'est pas cloisonnée entre ses différents styles ni avec les autres arts. C'était la première fois que je voyais sur scène un violoniste et un flûtiste jouer leur partition à la perfection tout en réalisant des zapateos flamencos d'une rare virtuosité. 



Je n'aurai jamais pensé non plus à travailler mon écart facial en jouant du violoncelle.
Les passages en groupe, soli, duos s'enchaînent avec une énergie vertigineuse présentant à chaque fois une dynamique et un style différents. Chaque danseur est à l'écoute de l'autre. On sent qu'une complicité les unie. Du rock au flamenco traditionnel en passant par Albeníz et autres classiques, les Vivancos marient tous les styles pour offrir une nouvelle vision du flamenco et de la danse et nous entraîner dans un univers fait de virtuosité, de diversité, de sensualité et de rêve.

Quand le rideau tombe près d'1h 3/4 plus tard, on a l'impression que seules 10 minutes se sont écoulées. Les nombreux et nombreuses fans n'ont pas hésité à attendre leurs idoles après le spectacle dans l'entrée du théâtre. Les Vivancos se veulent proches et à l'écoute de leur public qui le leur rend bien.

A noter également l'investissement des Vivancos pour PROTECT,  une ONG qui lutte contre la pédophilie au Cambodge et en Colombie. Une partie du prix des entrée de la Première sera reversée à l'organisation. Ce n'est pas si courant et c'est d'autant plus remarquable.

domingo, 9 de junio de 2013

III Certamen de Danza Ciutat de Barcelona

Nous sommes le 12 mai 2013 vers 11h30. Une longue file s'étend déjà depuis le Teatre Francesca Bonnemaison. C'est la finale du III Certamen de Danza qui regroupe des épreuves de danse classique, danse espagnole et danse contemporaine. Dans une trentaine de minutes, de jeunes danseurs et danseuses de 12 à 22 ans venu-e-s d'Espagne mais aussi d'Italie, de France, du Brésil et de République Dominicaine vont tenter de décrocher l'une des nombreuses bourses offertes par des écoles et compagnies aussi prestigieuse que le Peridance Capezio Center à New York, Le Ballet Nacional de España, la CND, l'Ecole Supérieure de Danse de Cannes, le CDC, entre autres.
Ce concours est donc une réelle opportunité pour ces jeunes et l'on ne peut que souligner la volonté de sa créatrice et organisatrice Georgina Rigola, surtout connaissant la situation actuelle de la Cuture et de la Danse (toujours considérée comme la 5eme roue du carrosse). On imagine bien les difficultés et les obstacles qui jalonnent une telle entreprise. Ou même j'aurais plutôt tendance à dire qu'on n'a même pas envie d'imaginer ces obstacles tant ils doivent être lourds et nombreux et on ne peut être qu'admiratif devant la détermination et le travail de Georgina Rigola et son équipe pour que nous puissions être là aujourd'hui à voir évoluer ces jeunes sur scène et recevoir un sérieux coup de pouce à leur formation.

Le niveau général est plutôt bon, voire très bon dans toutes les catégories et surtout en danse espagnole. Je n'ai pas retenu les noms de tous les participants mais nombre d'entre eux mériteraient d'être cités même s'ils n'ont rien gagné.

Ce sont les classiques A, les plus jeunes, qui commencent. La 1ere concurrente à entrer en scène est Mariona Carrasco, élève du CDC et qui m'avait déjà fait une forte impression à Noël dans Casse-Noisette . Elle a interprété une belle variation de facture neo classique et montré qu'elle est toujours aussi lumineuse sur scène.
Mariona Puente, aussi issue du CDC comme plusieurs autres finalistes, remporte un 3eme prix avec une  variation aux pures lignes classiques.
Excellente prestation également de Mar Escoda Llorens qui remporte d'ailleurs le 2eme prix de cette catégorie. Belle technique, belle présence scénique, maitrise parfaite de la variation, elle n'est sûrement pas passée loin du 1er prix ex aequo.
1er prix remporté en l'occurrence par la toute aussi excellente, Maria Alexandra Urcia qui a déclenché une fois de plus une véritable ovation du public avec sa variation de La Fille Mal Gardée parfaitement exécutée.

Chez les plus "âgé-e-s" j'ai beaucoup aimé l'Arlequinade d'Hava Hudry, venue de Paris pour participer au concours. C'était techniquement très bien dansé et "joué" juste ce qu'il faut (le coté sur-joué de cette variation qu'adopte beaucoup de danseuses me donnant des boutons). Bravo! 2eme prix largement mérité.
Sa compatriote Florie Leclecq-Dory n'a pas déméritée dans sa valse des bleuets toute en légèreté et poésie.
Carolina Grisolia et Bruna Perez, 2 jeunes brésiliennes, se démarquent nettement de la compétition avec des variations de styles différents l'une de l'autre mais mettant chacune en valeur leur interprète.
Pol Orrit Bórras montre lui aussi de belles qualités et remporte un 2eme prix ex aequo.

La dernière catégorie classique nous a offert de très beaux moments. Je retiens notamment Laura Da Costa, française, qui est une très belle Kitri et j'ai bien aimé qu'elle choisisse la variation du 1er acte, l'entrée de Kitri. Ca change de la sempiternelle variation du mariage.
Ada González a choisi la sublime et si difficile variation du Grand Pas Classique d'Auber. Bravo pour ce choix!
Gemma Espinosa a opté pour un style un peu plus néoclassique qui lui va comme un gant.
Nous avons aussi pu voir le pas de deux de Don Quichotte brillament enlevé par 2 jeunes italiens Virginia Gruzza et Giacomo Cussigh.
A noter aussi les prestations de Clara Maroto Ramos et Marina Sánchez Sarroche chacune très engagée et sûre d'elle dans leur variation.

En contemporain aussi les concurrents nous ont donné à voir de très belles choses. Comme par exemple les performances d'Isidre Alexandre Gelabert, Enrique López Flores, Axe Peña, Maria Fernanda Urcia, Berta Fornell, Nuria Martin, Rina Murakami. Il y a eu des choix audacieux comme celui d'un groupe de filles mélangeant danse et récitation théâtrale.

Peu de candidat-e-s et groupes en lice pour la danse espagnole mais quels candidat-e-s! Tout est juste, précis, maitrisé jusqu'au bout des castagnettes. Un régal!
Pol Jimenez Sánchez est sensationnel, sa danse est de toute beauté. Maria Martín est sublime tout comme Leticia Cabezudo Sánchez dont j'ai beaucoup aimé le choix musical de sa variation. Il y avait aussi 2 autres candidates dont je n'ai malheureusement pas retenu les noms mais qui, selon moi, auraient mérité de figurer au palmares.
Les 2 groupes présents ont également excellé.

Après une telle démonstration de talent il ne reste plus qu'à espérer que nos politiques prennent enfin conscience de la nécessité d'aider et de promouvoir des concours comme celui-ci et logiquement, d'aider les compagnies à s'installer, à se développer et à engager ces jeunes talents. Combien de fois faudra-t-il répéter que la culture n'est pas un luxe, un caprice futile mais qu'elle est nécessaire parce qu'elle nous nourri et nous enrichi et que la Danse est parti intégrante de la Culture, notre Culture?

Palmarès du concours:

Classique A:
1  Maria Alexandra Urcia Nunura (Espagne)
2  Mar Escoda Llorens (Espagne)
3  Mariona Puente Quera (Espagne)

Classique B:
1  Carolina Grisolia (Brésil)
2  Hava Hudry (France)
2 bis Pol Orrit Borrás (Espagne)
3  Bruna Pérez (Brésil) 


Classique C:
1  Clara Maroto Ramos (Espagne)
2  Giacomo Cussigh y Virginia Gruzza (Italie)
3  Marina Sánchez Sarroche (Espagne)


Contemporain B:
1  Enrique López Flores
(Espagne)

2  Berta Fornell Serrat (Espagne)
3  Isidre Alexandre Gilabert (Espagne)

Contemporain C:
1  Nuria Martín Fandos (Espagne)
2  non attribué
3  Axe Sebatián Pena (République Dominicaine)
4  Rina Murakami
(Espagne)


Espagnol B:
1  Pol Jiménez Sánchez
(Espagne)
2  María Martín (Espagne)

Espagnol C:
1  Leticia Cabezudo Sánchez
(Espagne)
Groupes:
(Espagne) 
1  Yaiza de los Muros, Miranda Alfonso Fernández, María Parra Molano

http://dansacat.org/actualitat/1/2020/

www.certamenciutatdebarcelona.es/en/







domingo, 10 de febrero de 2013

Prix de Lausanne 2013: les résultats

La 41eme édition du Prix de Lausanne s'est achevée le week-end dernier et c'est avec le même plaisir que j'ai suivi cette semaine on ne peut plus intense.
Les vidéos blogs qui suivaient cette année 4 candidat-e-s quotidiennement ainsi que l'entrainement quotidien nous permettent de nous plonger un peu dans l'ambiance. A noter aussi cette année les superbes photos Instangram.
Quoi qu'il en soit, il est très difficile de se faire une idée précise des candidats avant de les voir évoler sur scène lors de la finale. Tout ce que je pouvais prédire au vu des différentes vidéos et mini reportages c'est que cette finale promettait de fixer la barre à un très haut niveau. Ce fût, de toute évidence, le cas.
Sur 254 candiadts, 75 sont allés à Lausanne et seulement 20 ont accédé à la finale.

A 15 heures précises, ce samedi 2 février, le rideau du Théâtre de Beaulieu de Lausanne s'ouvre sur les variations classiques des candidats.
Dès le début, la vision est gênée par des soucis de téléchargements du streaming. Heureusement, tout rentrera dans l'ordre un peu plus tard et de toute façon, la télé suisse retransmet elle aussi la finale.

Que dire pour qualifier cette finale? Je crois que c'est un peu devenu un leitmotiv de dire que le niveau est élevé mais pourtant comment pourrait-on dire le contraire?
Certain-e-s se démarquent un peu plus que d'autres mais dans l'ensemble c'est du haut de gamme qui nous est présenté.
20 finalistes. 14 garçons pour seulement 6 filles. Chaque année on constate que les garçons arrivent en nombre et arrivent avec un excellent niveau. Pour autant, il ne faudrait pas en conclure que le niveau des filles baisse. Il me semble que les garçons sont de plus en plus encouragés à danser. la danse, ça n'est médiatiquement plus un "truc" de fille et c'est bien mais ne faudrait-il pas aussi y voir une volonté accrue des écoles et compagnies à recruter des garçons? M'est avis que si elles ont l'embarras du choix pour recruter des filles, ce n'est peut-être pas toujours le cas pour les garçons.

6 filles seulement donc. 4 filles chez les plus jeunes 15-16 et 2 parmis la catégorie des 17-18 ans.
Le choix des variations est plutôt large et ce pour les 2 catégories d'âge. Si l'année dernière fût une année Fée Lilas, cette année la variation de Swanilda de Coppélia revient en force puisque sur les 4 candidates les plus jeunes nous avons eu droit à 4 Swanilda.
Je comprends assez bien leur choix. Swanilda a plus ou moins leur âge, la variation permet d'étaler toute sa technique avec moults grands jetés et pirouettes, il faut jouer avec Coppélia la poupée qui est bien présente à sa fenêtre. En plus, c'est un choix qui a l'air de s'avérer payant.
Coté garçons, les choix étaient un peu plus variés.

Commençons par les lauréat-e-s.
Le Prix du public ainsi que la 1ere bourse vont à Adhonay Silva du Balé Jovem do Centro Cultural Gustav Ritter, Goiania au Brésil.

Photo Gregory batardon
Photo: Gregory Batardon

Du haut de ses 15 ans, ce jeune virtuose fait montre de beaucoup de qualités techniques dans sa variation classique Harlequinade même si sa prestation m'a semblée un peu trop "scolaire". Il a pourtant de très bonnes qualités d'interprètes également. Sa variation contemporaine Desde Otello le prouve. Quoi qu'il en soit, à 15 ans, il a encore le temps de peaufiner son style et il reste l'un des candidats les plus prometteurs de cette édition et probablement même des autres éditions. Tout est bien placé, propre, soigné et virtuose voire spectaculaire. Bravo!

La 2eme bourse est attribué à Wentao Li de The Secondary Dance School Attached to Beijing Dance Academy en Chine. Sa variation du Prince Désiré était parfaite en tous points: belle aisance dans les sauts, des tours en l'air impeccables, un manège ultra maitrisé, de la présence et de la prestance.
Aussi à la'ise en contemporain, il nous a offert une belle interprétation de Desde Otello.

La 3eme bourse est revenue à Masaya Yamamoto représentant le Japon est venant de Yokokura Akiko Ballet School, Nomi;Australian Ballet School.
Là encore, la bourse est largement méritée. Son Solor était impressionant. On a envie de le voir continuer et nous danser toute la Bayadère!
En contemporain, il a choisi Tender Hook, variation difficile dont il s'est admirablement sorti en faisant passer une émotion palpable.

Enfin une fille pour la 4eme bourse, celle offerte par Julius Bär! Leticia Domingues élève de la Petite Danse School of Dance à Rio au Brésil, magnifique en classique et en contemporain et que l'on a pu suivre grâce aux videos blog mérite très largement cette récompense. Elle a été selon moi la meilleure Swanilda de la finale. Tout semble facile, naturel, elle donne l'impression de danser comme elle respire et sa joie d'être là est communicative.


Photo Gregory Batardon
Photo: Gregory Batardon
















Cesar Corrales, du Canada, élèves de la Canada's National Ballet School et de cours privés remporte la 5eme bourse offerte par la Oak Fundation. J'ai beaucoup aimé sa variation de la Fille mal Gardée. Lui aussi danse avec beaucoup de naturel et d'aisance. Un jeune danseur qui promet pour l'avenir!

Photo Gregory Batardon
Photo Gregory Batardon


La 6eme bourse offerte par la Fondation Coromandel ainsi que le Prix d'interprétation contemporaine vont au candidat australien de la Houston Ballet Ben Stevenson Academy Ettingshausens Dyn. Arts;Ac.Ballet/V. Attard, Joel Woellner. Très beau Prince Siegfried, il m'a en effet paru encore plus à l'aise en contemporain. Son Desde Otello était captivant.

Francisco Sebastião remporte la 7eme bourse offerte par la Rudolf Nureyev Fundation. J'ai beaucoup aimé son Basile, plein de fougue et de caractère mais c'est surtout sa variation contemporaine qui m'a scotchée. Il a réussi a dégager une atmosphère particulière de son Desde Otello difficile à décrire car en comtemporain tout est dans le ressenti et l'émotion. Il aurait pu recevoir le Prix d'interprétation contemporaine lui ausi.

La 8eme bourse offerte par Harlequin Floor va à Jinhao Zhang du College of Design and Art Tong Ji
University, Shanghai; Liaoning ballet School.
Son Basile était très très très bien techniquement mais je l'ai trouvé un peu trop princier et pas assez barbier de rue de Barcelone. Quoi qu'il en soit il a toutes les qualités requises pour mener une belle carrière et son Desde Otello (solo en passe de devenir l'équivalent de Swanilda chez les garçons en contemporain) prouve qu'il a aussi un sacré potentiel en contemporain.

Et voilà, c'en est fini pour les bourses. Avec regret car de nombreux autres finalistes auraient mérté une bourse. Mais c'est le jeu de tout concours.
Je citerai quand même Simon Acri, absolument superbe autant en classique qu'en contemporain, Miko Fogarty dont je vais reparler un peu plus loin, Neneka Yoshida, jeune danseuse japonaise étudiant au CNSMD de Paris et magnifique dans Raymonda mais aussi Ida Anneli Kallanvaara qui aurait mérité elle aussi le Prix d'interprétation contemporaine et Zunyuan Gong qui, malgré sa chute sur Don Quichotte a été l'un des meilleurs si ce n'est le meilleurs Basile.

Parmis les non boursier-e-s, il y a aussi 3 Prix decernés chaque année: le Prix du public, le Prix d'interprétation et le Prix du meilleur candidat Suisse.
Les 2 premiers ont été décernés respectivement à Adhonay Silva et Joel Woellner. Reste donc le 3eme.
Le Prix du meilleur Suisse était cette année le Prix de la meilleure Suissesse puisque c'est la superbe Miko Fogarty qui l'a reçu. Cette excellente danseuse, bien que suissesse, vit et étudie aux Etats-Unis et est déjà bien connue du circuit des concours internationaux. Fort heureusement pour elle, sa danse et sa gestuelle n'ont rien à voir avec certaines de ces "bêtes à concours" qui s'apparentent plus à la gymnastique voire l'acrobatie qu'à la danse même si j'ai trouvé que sa Swanilda tournicotait un peu trop. Elle n'a pas besoin de tout ça pour briller, elle a suffisament de talent et de personnalité sans avoir à en rajouter.

Photo Gregory Batardon
Photo Gregory Batardon

Etant la seule suisse en lice, il était évident qu'elle recevrait ce Prix. J'ai pensé qu'elle recevrait aussi une bourse, elle l'aurait méritée.
D'autant plus que je comprends de moins en moins l'existence de ce prix du Meilleur Suisse. Pourquoi vouloir décerner un prix Suisse dans une compétition internationale de cette envergure? Parce qu'il se déroule en Suisse? Soit. Mais après? Et concrètement qui le reçois? Selon les années c'est un-e suisse-sse qui ne vit pas en Suisse et qui n'y a peut-être même jamais mis les pieds, des étrangers qui étudient en Suisse. A quand l'attribution de ce prix au candidat-e qui aura mangé du chocolat suisse dans le mois précédant la compétition?
J'ironise mais malgré tout, le Prix de Lausanne me semble être un des concours si ce n'est le concours le plus intéressant existant actuellement.  Les candidat-e-s ne sont pas simplement jugé-e-s sur une variation de quelques secondes sur scène mais sur leur évolution et leur comportement durant une semaine. Les non finalistes ont une chance réelle d'obtenir une bourse lors du Networking Forum. Bien sûr, de nombreux candidat-e-s n'auront rien mais c'est aussi le jeu d'un concours et c'est surtout la réalité du monde de la Danse: beaucoup d'appelé-e-s, très peu d'élu-e-s.
Mais pour finir sur une note positive voici une vidéo d'Elisa Lons, la seule candidate française retenue cette année et qui n'a pas atteint la finale: elle a reçu une offre de bourse de la Royal Ballet School de Londres à l'issue du Networking Forum. Preuve qu'à Lausanne, tout le monde a une chance de sortir gagnant, même sans être finaliste.


La finale est maintenant disponible sur Youtube:

miércoles, 30 de enero de 2013

Lausanne 2013: c'est parti pour la 41eme édition!

Le concours de Lausanne c'est en ce moment même. Toute cette semaine, les candidats et candidates vont avoir la possibilité de peaufiner leur variation et de montrer au jury leur capacité d'adaptation avant la finale de samedi.
C'est pour ça que j'aime beaucoup ce concours. Tout ne se joue pas sur une unique variation sur scène mais sur l'évolution du candidat ou de la candidate sur la semaine. Certains cours sont notés et comptent pour 1/4 de la note pour accéder à la finale, les candidats sont tous et toutes coachés et peuvent ainsi faire évoluer leur variation. Cela me semble beaucoup plus intéressant que de juger quelqu'un sur une prestation de 2 minutes.

Le Prix est donc à suivre tous les jours directement sur le site du Prix. Ne ratez pas les vidéos blog!
Retrouvez aussi toutes les photos et nouvelles sur la page Facebook du Prix de Lausanne, sur Twitter en anglais et en français , Tumblr et Instagram. Et il y a même une application Pour iPad et iPhone!

A suivre aussi de près les articles et vidéos du site Dansomanie et The Ballet Bag.


domingo, 27 de enero de 2013

Les news danse du moment

Nouvelle ultra choquante dont tout le monde parle et pour cause: Sergei Filin, le directeur du Ballet du Bolshoï a été victime d'une attaque à l'acide dans la soirée du 17 janvier. L'agression serait liée à l'activité professionnelle de Sergei Filin.
Il a donné une interview depuis sa chambre d'hôpital à Anastasia Pleshakova traduite ici en anglais dans un article d'Ismène Brown.
On y apprend que le danseur, menacé depuis sa prise de poste au sein du Ballet, avait refusé les services d'un garde du corps, s'attendant à tout, même à se voir en photo tout nu sur scène, mais pas à une attaque à l'acide. Il affirme qu'il va revenir assurer ses fonctions de directeur. Galina Stepanenko assure l'interim. C'est la première femme à diriger le Ballet du Bolshoï.

Heureusement, le reste de l'actualité est plus gaie. Et pour commencer, la tournée en Espagne du Het Nationale Ballet. La troupe se produira au mois d'avril à Valence, Bilbao et Alcobendas avec Giselle

Un peu plus proche au calendrier, le Barcelona Ballet se produira au Teatre Auditori de Granollers le 17 février prochain. Au programme: Suite de Bayadère, Facing the Light et Suspended in Time.

Le même jour, la Compagnie Carmen Roche sera à l'affiche du Centre Cultural Unnim de Terassa.

Une rencontre très intéressante avec Tamara Rojo trois mois après sa prise de poste à la tête de l'English National Ballet. Par contre c'est en espagnol. Peut-être qu'avec un bon site de traduction ça peut le faire.

Pour celles et ceux qui seront à Paris le 6 mars, sachez qu'un gala est prévu à l'occasion du 20eme anniversaire de la mort de Rudolf Noureev. Sachez aussi que jusqu'à aujourd'hui personne ne sait encore comment obtenir une place. Il s'agirait d'une soirée Arop. De toute façon on commence à être habitué. Entre les distributions divulguées à la dernière minute, les difficultés à acheter des places sur le site web le jour même d'ouverture des réservations, les changements de dernière minute c'est à se demander si on a à faire à un Opéra National ou au siège des services secrets. Ceci dit, si vous êtes de passage ça vaut sûrement le coup de tenter une place directement au guichet le jour même.
Dans le même registre, l'Ecole de Danse de l'Opéra de Paris se produira lors d'un gala à l'occasion de son tricentenaire. Je préfère me taire quant au prix des places sachant qu'il s'agit d'une école nationale et donc publique.

Et last but not least: l'édition 2013 du prix de Lausanne s'ouvre aujourd'hui. Vous pourrez suivre le Prix toute la semaine sur le site du Prix. N'oubliez pas le video-blog qui devrait débuter dès demain.
Si vous voulez jeter un oeil à la liste du jury et des coaches, c'est par ICI.
La finale sera retransmise en direct comme chaque année depuis le site du Prix.




viernes, 25 de enero de 2013

Casse-Noisette par le CDC: un conte merveilleux à guichets fermés

Pas de Noël sans Casse-Noisette! En tous cas pas à Barcelone et cette année encore nous avons eu le choix entre plusieurs productions. Je n'ai pas pu toutes les voir mais il y en a une que je ne voulais surtout pas rater: celle des élèves en formation du CDC au Teatre Joventut de l'Hospitalet dans une adaptation de Roser Muñoz et Joan Boix.
Je pense qu'il est important de mentionner que c'est le théâtre qui a programmé le spectacle. C'est formidable de promouvoir ainsi les jeunes talents locaux.
Le CDC a fait une représentation pour les scolaires et une unique représentation pour tous publics. Près d'un mois avant la représentation le théâtre affichait complet. Je serai curieuse de savoir le nombres de personnes qui souhaitaient voir le spectacle et qui n'ont pas pu avoir de place. J'en connais déjà pas mal personnellement. Preuve que non seulement la danse a un public nombreux et assidu mais aussi que, 2 ans après sa création, le CDC fait déjà parti des valeurs sûres et connues en matière d'enseignement de la danse.
C'est donc sur une salle archi-pleine que le rideau s'ouvre.

C'est la nuit de Noël, la petite Clara et ses ami-e-s sont tout excités par la fête qui se prépare. Jeux, danses et chamailleries sont de rigueur tandis que les adultes vaquent à leurs occupations mondaines. Surgit alors Drosselmeyer avec ses automates pour distraire petits et grands avant de distribuer les cadeaux aux enfants et, bien sûr, le Casse-Noisette à Clara.

Foto: CDC


Ce 1er acte est un enchantement. Mariona Carrasco est une Clara ultra attachante et convaincante, aussi à l'aise techniquement que pour la pantomime. Ses camarades ne sont pas en reste. Leur jeu est très crédible, ils/elles jouent leur rôle avec un naturel déconcertant.
Foto:José Antonio Garcia
Les 3 solistes automates ont fait preuve de beaucoup de qualités. Une fois de plus, Alexandra Urcia a ébloui tout le monde dans sa variation de la poupée. Sa technique est impressionante, propre, brillante. Ervin Eduardo Sánchez s'est carrément joué de toutes les difficultés qui ne manquaient pourtant pas. Je ne sais pas qui était la 3eme ce soir-là donc pardon de ne pas la citer car sa variation était aussi de belle facture.


Yago Catalina avait la lourde tâche d'être Drosselmeyer. J'ai beaucoup aimé son interprétation de parrain mystérieux et un peu magicien.
Quant au Casse-Noisette, c'est Hector Chicote qui a eu l'honneur de lui donner vie. La bataille des rats et du Casse-Noisette était d'ailleurs très bien menée et quelle n'est pas la surprise de Clara de voir son cadeau prendre vie. Mais pour cela, Clara va changer, elle va grandir et c'est Ada González qui prend la relève.

Foto: CDC

On passe de l'enchantement a l'émerveillement. Le tourbillon des flocons de neige nous transporte littéralement dans un autre monde, un monde féerique. Les danses russe, espagnole, arabe, chinoise, la danse des mirlitons, la valse des fleurs passent comme un rêve. De nombreux élèves ont alors l'occasion de danser en solo ou duo et tous et toutes méritent d'être félicités pour leur travail. On retrouve ainsi Ervin Eduardo Sánchez et deux autres garçons dans la danse russe, puis encore Ervin Eduardo dans la danse arabe avec la superbe Sonia Garciá. Meritxell Jurado et Maria Fernanda Urcia excellent dans la danse chinoise, Gemma Espinosa ne manque pas de style ni de piquant dans la danse espagnole, Mariona Puente, Mariona Garcia et un jeune garçon que je crois être David Bellver nous ont servi une danse des mirlitons élégante et raffinée.

Foto: Xavier González

Foto: José Antonio Garcia



Foto: Xavier González


Le pas de deux final est un pur moment de bonheur. Clara-Ada González et Drosselmeyer-Yago Catalina avec le Casse-Noisette-Hector Chicote font preuve de beaucoup de professionalisme, et ce dans la version du Mariinski s'il vous plaît!
C'est BEAU.

Foto: Xavier González

A noter également les costumes et les décors qui contribuent à la magie du spectacle. Tout est soigné jusque dans les détails.
J'ai aussi aprécié les interventions de la companie Pláudite Teatre, venue nous conter l'histoire du Casse-Noisette à chaque changement d'acte et de tableau.

Vous allez peut-être croire que le CDC est coté en bourse et que c'est moi qui détient toutes les actions tant je suis toujours enthousiaste quant à leur prestation mais ce n'est pourtant pas le cas. L'école est simplement excellente. Les élèves ont une technique propre, solide mais sans l'effet "petits singes savants" qui m'insuporte. Le côté artistique est toujours présent. J'ai malheureusement l'impression que de plus en plus de personnes oublient que la Danse est un Art. Heureusement que de tels centres existent pour continuer à former les futurs pro et le public futur.

Merci donc a David Bellver, Julia Baró, Marta Caderot, Paula Campos, Mariona Carrasco, Yago Catalina, Héctor Chicote, Eva Escrich,Gemma Espinosa, Ines Flores, Mariona García, Sonia García, Ada González, Meritxell Jurado, Eric Navarrete, Edna Patricia Patxot, Mariona Puente, Andrea Ramírez, Ervin Eduardo Sánchez, Aina Sanxo, Joel Selva, Leo Surdeanu, Alexandra Urcia, Maria Fernanda Urcia, Edith Vallès et Ester Van Walre des classes de formation professionelles du CDC et à Anna Babiano, Nacho Baenas, Eulàlia Ballart, Vicenç Elipe, Núria Gibert et Eva Murillo de la Companya Plàudite Teatre.

Merci à Eugenia Delgado Mata pour la direction théâtrale, Maribel Pozo Ruiz et Matteo Sisti Sette.
Et bien sûr merci à Roser Muñoz et Joan Boix pour cette merveilleuse adaptation et nouvelle production et au Teatre Joventut pour avoir programmé ce ballet.
Peut-on espérer une autre représentation bientôt?